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Conférence de Dakar 2026 : Me Saïd Larifou interpelle l’Afrique sur l’esclavage moderne

 

À quelques mois de la Conférence de Dakar sur le Droit international africain prévue en novembre 2026, le débat sur l’esclavage moderne refait surface avec force dans les cercles intellectuels et politiques africains. Dans une déclaration rendue publique le 11 mars 2026 à Paris, le juriste panafricaniste Said Larifou appelle l’Afrique à affronter ses propres contradictions et à mener une lutte sans concession contre toutes les formes contemporaines d’asservissement.

Cette prise de position intervient à la suite de la diffusion d’un article de l’écrivain et journaliste ivoirien Venance Konan, transmis par l’honorable Biram Dah Abeid, figure emblématique du combat contre l’esclavage en Mauritanie. Le texte met en lumière une réalité souvent passée sous silence : alors que l’Afrique condamne légitimement la traite transatlantique et ses conséquences historiques, elle reste encore trop timide face aux formes modernes d’esclavage qui persistent sur son propre sol.

Pour Said Larifou, cette situation révèle une « indignation sélective » qui fragilise la crédibilité du combat africain pour la justice historique. Selon lui, les systèmes d’oppression internes et les pratiques serviles qui subsistent dans certaines sociétés africaines contribuent également au sous-développement du continent et constituent une atteinte grave à la dignité humaine.

L’affaire de la jeune Nouha Mint Mohamed, évoquée dans la déclaration, illustre selon lui cette situation préoccupante. Malgré des faits jugés accablants, son dossier aurait été classé sans suite, tandis que les militants de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA) continueraient de subir des pressions et des poursuites. Pour les défenseurs des droits humains, ce type de situation alimente un sentiment d’impunité et met en lumière les difficultés de la lutte contre l’esclavage moderne dans certaines régions du continent.

Face à cette réalité, le juriste panafricaniste a annoncé avoir adressé une demande officielle au président du Ghana, John Dramani Mahama. La correspondance, déposée à l’ambassade du Ghana à Paris et transmise également à la Commission de l’Union africaine ainsi qu’à la présidence ghanéenne, invite le chef d’État à inscrire la lutte contre l’esclavage moderne et ses séquelles à l’agenda africain porté devant les Nations Unies.

Pour Said Larifou, cette question doit être traitée avec la même détermination que celle de la traite transatlantique. Il estime qu’une approche globale et cohérente est indispensable pour restaurer la crédibilité du combat africain pour la justice et la dignité humaine.

La Conférence de Dakar sur le Droit international africain, prévue en novembre 2026, ambitionne justement de poser les bases d’un cadre juridique souverain permettant aux États africains de mieux protéger leurs citoyens et de lutter contre l’impunité. L’événement réunira juristes, responsables politiques, militants des droits humains et intellectuels autour de la question de la justice africaine et de la souveraineté juridique du continent.

En prélude à cette rencontre internationale, Said Larifou a également annoncé sa participation à une mobilisation prévue le 28 mars prochain à Dakar, aux côtés de Biram Dah Abeid et de plusieurs organisations abolitionnistes. L’objectif est de porter un message clair : la justice pour l’Afrique ne saurait être partielle ni sélective.

« La justice pour l’Afrique ne peut être que totale », insiste le juriste, appelant les dirigeants africains à regarder en face les réalités contemporaines du continent et à agir pour mettre fin définitivement aux pratiques qui portent atteinte à la liberté et à la dignité humaines.

À l’approche de la Conférence de Dakar 2026, cette déclaration relance ainsi un débat sensible mais crucial : celui de la responsabilité collective de l’Afrique dans la lutte contre toutes les formes d’esclavage, qu’elles soient héritées du passé ou encore bien présentes dans le présent.

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