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Hôtel Galawa aux Comores : l’avocat Saïd Larifou somme le groupe Elsewedy Electric de s’expliquer sur un chantier à l’arrêt

 

Une nouvelle polémique éclate autour du projet de reconstruction de l’hôtel Galawa, l’un des projets touristiques les plus emblématiques de l’Union des Comores. L’avocat et homme politique comorien Maître Saïd Larifou, président du parti RIDJA-PACTEF, a adressé une sommation interpellative au groupe égyptien Elsewedy Electric S.A.E., chargé de la réalisation du chantier. Dans ce document officiel, il exige des explications détaillées sur l’utilisation des fonds mobilisés pour la reconstruction de cet hôtel situé à Mitsamiouli, au nord de l’île de Ngazidja.

Un projet touristique stratégique en suspens

La reconstruction de l’hôtel Galawa, considéré comme l’un des piliers potentiels du développement touristique des Comores, avait suscité de grands espoirs dans le pays. Selon les informations évoquées dans la sommation, près de 17 millions d’euros, soit environ 8 milliards de francs comoriens, auraient été mobilisés par l’État comorien et plusieurs partenaires bancaires pour financer ce projet confié au groupe Elsewedy Electric.

Mais plusieurs années après le lancement des travaux, le chantier présenterait aujourd’hui un état d’abandon manifeste, ne dépassant pas, selon le requérant, le stade des fondations initialement annoncées. Une situation qui alimente les inquiétudes et les interrogations au sein de l’opinion publique comorienne, alors que les bénéfices économiques attendus – notamment en matière de tourisme, d’emplois et d’attractivité – tardent à se concrétiser.

Une sommation adressée au PDG d’Elsewedy Electric

Dans sa démarche, Maître Saïd Larifou s’adresse directement au Président-Directeur Général du groupe Elsewedy Electric, Ahmed Elsewedy, dont le siège social est basé au Caire, en Égypte.

Se présentant comme citoyen comorien et contribuable, l’avocat affirme agir au nom de l’intérêt national et de la transparence dans la gestion des deniers publics. Dans sa sommation interpellative, il demande formellement au groupe de fournir, dans un délai de huit jours, plusieurs documents jugés essentiels pour éclairer l’opinion.

Parmi les éléments exigés figurent notamment : la copie certifiée du contrat de concession et de construction liant Elsewedy Electric à l’Union des Comores ; l’état détaillé des sommes perçues par le groupe dans le cadre du projet de reconstruction de l’hôtel Galawa ; un mémoire explicatif détaillant les raisons ayant conduit à l’arrêt des travaux et au départ des équipes du chantier.

Une affaire potentiellement judiciaire

Dans son document, Maître Larifou souligne que l’absence de réponse satisfaisante pourrait conduire à l’ouverture de procédures judiciaires. Il indique se réserver le droit de saisir les juridictions répressives compétentes, ainsi que les instances internationales spécialisées dans la lutte contre la corruption.

Cette mise en demeure intervient dans un contexte où la gestion des grands projets d’infrastructures et la transparence des financements publics font régulièrement l’objet de débats dans l’archipel.

Une pression croissante pour la transparence

Pour de nombreux observateurs, cette initiative pourrait raviver la pression sur les autorités et les partenaires internationaux impliqués dans les projets structurants du pays. L’hôtel Galawa, autrefois vitrine du tourisme comorien, est devenu au fil des années un symbole des espoirs inachevés du secteur touristique national.

La réaction du groupe Elsewedy Electric sera donc particulièrement scrutée dans les prochains jours, alors que la population attend des réponses claires sur le devenir de ce projet stratégique et sur l’utilisation des ressources publiques engagées.

Dans un pays où les enjeux de développement et de gouvernance sont étroitement liés, l’affaire Galawa pourrait bien ouvrir un nouveau chapitre du débat sur la responsabilité et la transparence dans la gestion des grands investissements publics aux Comores.

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