Protection des femmes au Bénin : l’ASCAP tire la sonnette d’alarme face aux violences dans l’espace public et numérique

À Cotonou, une table ronde consacrée aux droits des femmes a réuni acteurs institutionnels, organisations de la société civile et professionnels des médias autour d’un même impératif : renforcer la prévention, la sensibilisation et l’application effective des mécanismes de protection des femmes.

La question de la protection des femmes demeure au cœur des préoccupations des acteurs engagés dans la promotion des droits humains au Bénin. C’est dans cette dynamique que l’Académie des Sciences constitutionnelle, administrative et politique (ASCAP) a organisé, le mardi 22 septembre 2026, au Chant d’Oiseau de Cotonou, une table ronde consacrée au respect des droits des femmes dans l’espace public.
Cette rencontre, organisée avec l’appui technique et financier de la Fondation Hanns Seidel, a constitué un cadre de réflexion et d’échanges sur les différents défis auxquels les femmes sont confrontées, aussi bien dans leur vie quotidienne que dans les espaces numériques.
Des acteurs de plusieurs horizons autour de la même table
La rencontre a enregistré la participation de plusieurs personnalités et représentants d’institutions partenaires. Étaient notamment présents le représentant de la Présidente de l’ASCAP, la Professeure Dandi GNAMOU, empêchée, le représentant de l’Ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne près le Bénin ainsi que le représentant régional de la Fondation Hanns Seidel.
Des communicatrices, des représentants d’organisations de la société civile et différents acteurs engagés dans la défense des droits des femmes ont également pris part aux travaux.
À travers cette diversité de participants, l’initiative entendait favoriser un dialogue entre les acteurs institutionnels et ceux qui interviennent quotidiennement sur le terrain, afin de mieux identifier les difficultés persistantes et les moyens de renforcer les réponses apportées aux violences faites aux femmes.
L’arsenal juridique au cœur des discussions
Les échanges ont notamment porté sur l’arsenal juridique béninois destiné à assurer la protection des femmes. Les participants ont examiné les dispositifs existants ainsi que les enjeux liés à leur mise en œuvre et à leur appropriation par les populations.
Au-delà de l’existence des textes, les discussions ont mis en évidence l’importance de leur vulgarisation. Pour être pleinement efficaces, les mécanismes juridiques doivent en effet être connus des femmes, des familles, des professionnels des médias, des organisations de la société civile et, plus largement, de l’ensemble des citoyens.
La connaissance des droits constitue ainsi un préalable essentiel pour permettre aux victimes ou aux personnes exposées à des violences de mieux identifier les recours disponibles et les structures susceptibles de les accompagner.
Les violences numériques, nouveau front de la lutte
Une place importante a également été accordée aux violences numériques basées sur le genre. Avec l’utilisation croissante des réseaux sociaux et des plateformes numériques, les violences à l’encontre des femmes peuvent désormais prendre de nouvelles formes : harcèlement en ligne, menaces, diffusion non consentie de contenus privés, campagnes de dénigrement ou encore atteintes à la réputation.
Ces pratiques peuvent avoir des conséquences importantes sur les victimes et nécessitent, selon les participants, une adaptation permanente des mécanismes de prévention, d’information et de protection.
La sensibilisation apparaît dès lors comme un outil majeur, notamment auprès des jeunes et des utilisateurs des réseaux sociaux, afin de promouvoir des comportements responsables et de rappeler que l’espace numérique n’est pas une zone dépourvue de règles.
La société civile appelée à renforcer son engagement
La table ronde a également permis de mettre en lumière le rôle de la société civile dans le suivi de l’application des textes relatifs à la protection des femmes.
En lien avec l’Institut National de la Femme (INF), les organisations de la société civile peuvent contribuer à la sensibilisation des communautés, au plaidoyer, à l’orientation des victimes et au suivi des engagements pris en matière de protection des droits des femmes.
Cette complémentarité entre institutions publiques et acteurs de terrain est apparue comme un élément important pour rapprocher les mécanismes de protection des réalités vécues par les populations.
Poursuivre la sensibilisation et le plaidoyer
Au terme des échanges, une conviction s’est dégagée : la lutte contre les violences faites aux femmes ne peut se limiter à l’adoption de textes juridiques. Elle doit également s’appuyer sur des actions continues de prévention, de sensibilisation, de formation et de plaidoyer.
L’essor des nouvelles technologies impose par ailleurs de porter une attention particulière aux violences commises dans l’espace numérique. La protection des femmes passe donc aussi par une meilleure éducation aux usages numériques et par une responsabilisation accrue des utilisateurs.
À travers cette table ronde, l’ASCAP entend ainsi contribuer au débat public sur les droits des femmes et encourager la consolidation des mécanismes destinés à leur garantir un environnement plus respectueux de leurs droits et de leur dignité.
La rencontre de Cotonou aura surtout permis de rappeler une exigence fondamentale : la protection juridique des femmes ne prend tout son sens que lorsque les textes sont effectivement connus, appliqués et accompagnés d’actions concrètes de prévention et de sensibilisation.




