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POUR QUE LES COLÈRES DE NOTRE TERRE SOIENT LE TERREAU DE NOTRE RENAISSANCE

TRIBUNE CENTRAFRIQUE MON CŒUR D'AFRIQUE

Par le silence de cette terre, croient pouvoir la meurtrir indéfiniment. Que craindre, ricanent-ils, d’une terre si morte ? Mais nous, qu’avons-nous à perdre notre temps à nous occuper de leurs fanfaronnades ? Ils comprendront eux-mêmes bien assez tôt où les mène leur chimère dictée par le sentiment illusoire de leur toute-puissance.

Car nous autres, nous le savons. Nous savons qu’elle vit, notre terre ; qu’elle respire et qu’elle vibre. Vibrant avec elle, nous savons aussi qu’elle s’est préparée de longue date et qu’elle est prête pour les temps de grande bataille qui s’annoncent.

Cette Grande Bataille, qu’est-elle donc ? Elle est et doit être fondamentalement celle d’un autre Centrafrique, celle d’un destin réinventé, décidé par nous et pour nous. Elle est bataille pour une terre de Centrafrique restituée à ses enfants et donc à elle-même, avec comme projet d’être ce cœur battant et souverain d’Afrique où fleurissent enfin, en se conjuguant, humanité, dignité, citoyenneté, prospérité et, par-dessus tout, unité.

Cette Grande Bataille est et doit par conséquent être aussi celle que nous nous devons de mener résolument contre nos errements passés : la recherche du pouvoir pour le pouvoir, ou plus exactement, pour servir les intérêts d’un homme et de son clan, pour assouvir une vengeance, ou pour la simple raison que ce serait « notre tour », et cela au mépris des aspirations, de la vie et du bonheur des Centrafricains.

Tel est et tel doit être le projet, le seul qui permette à notre terre de Centrafrique de s’élever, le seul dont nous avons à faire le fruit de nos légitimes colères : rendre le Centrafrique et le pouvoir en Centrafrique aux Centrafricains, pour créer ensemble les conditions d’une paix retrouvée, d’un développement partagé et d’une grandeur méritée.

Le défi est certes immense mais, ensemble et avec la sagesse de nos pères, nous avons la capacité de le relever !

Elles sont innombrables les raisons de cette colère.

Des décennies que les 623 000 km² de notre terre de Centrafrique les accumulent.

Des décennies que cette terre absorbe les outrages de toutes sortes : le sang des innocents, les râles des martyrs, les cris des brûlés, violés, torturés, les désespoirs des dépossédés, les larmes des familles, les douleurs de tous les nôtres.

Des décennies qu’elle s’imbibe des malheurs du quotidien de chacune et de chacun de ses enfants : les chemins du champ, de la mine ou du commerce devenus meurtriers ; les cours d’école envahis de brousse et d’inculture ; les centres de santé devenus pourvoyeurs de mort ; la vie elle-même devenue calvaire avec vue sur l’enfer, d’où l’on n’aperçoit que de loin en loin les chances de se nourrir, même juste le minimum, d’accéder à de l’eau potable, de s’éclairer un tant soit peu, de pleurer et d’enterrer décemment ses morts, d’espérer une éducation, un travail, un avenir…

Des décennies enfin que notre terre de Centrafrique enregistre les arrogances. Celles, d’abord, de ces quelques nôtres qui prétendent avoir été choisis par nous pour faire notre bonheur et qui n’ont eu de cesse, pour leur seul bénéfice, de livrer le pays avec ses ayants droit que nous sommes aux intérêts étrangers. Ensuite, summum des arrogances, celles de ces nouveaux maîtres de notre terre, héritiers des sociétés concessionnaires de triste mémoire, saignant à pleines veines et polluant les forêts, les terres, les cours d’eau, jusqu’à nous-mêmes, avec comme seul horizon notre total anéantissement.

Bref, cela fait des décennies que notre terre se voit piétinée, méprisée, souillée, capturée, pillée, vidée de ses parures et de ses entrailles ; des décennies qu’elle supporte de l’être.

Des décennies de colères accumulées.

Ses bourreaux, les quelques nôtres, enchaînés à leurs criminels alliés, rassurés…

La seule Grande Bataille qui vaille est celle pour le nouveau Centrafrique, une RCA rendue à tous ses enfants et transformée en terre de prospérité partagée.

CENTRAFRIQUE RENAISSANCE

Pr Jean-François Akandji-Kombé
Citoyen centrafricain, Debout et Solidaire
Coordinateur général du Rassemblement Unitaire Centrafricain (RUC)

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