*Madagascar 2050 : l’IDIA-BG appelle à bâtir une puissance régionale au service du peuple et de l’océan Indien* *À la faveur des réflexions engagées autour de la refondation de l’État, de la gouvernance et de l’organisation territoriale, l’Institut du Droit international africain et de la Bonne Gouvernance (IDIA-BG) livre sa vision de Madagascar à l’horizon 2050. L’institut plaide pour une transformation profonde du pays, fondée sur la souveraineté productive, la valorisation des ressources humaines, la décentralisation, la bonne gouvernance et une coopération renforcée dans l’espace indianocéanique.* Madagascar se trouve à un tournant majeur de son histoire. C’est le constat qui ressort de la nouvelle tribune de l’Institut du Droit international africain et de la Bonne Gouvernance (IDIA-BG), consacrée à l’avenir du pays à l’horizon 2050. Intitulée « Madagascar à l’horizon 2050 : soutenir une puissance en devenir au service de sa population et de l’océan Indien », cette réflexion intervient dans le contexte de la Conférence nationale malgache et des débats consacrés à la refondation de l’État, à la gouvernance, à l’organisation territoriale et au développement économique. Dans cette contribution, l’IDIA-BG, présidé par Maître Saïd Larifou, invite à dépasser les enjeux immédiats pour inscrire la réflexion malgache dans le temps long. L’institut insiste notamment sur la nécessité de construire une vision nationale capable de survivre aux alternances politiques et de transformer durablement les immenses potentialités du pays en progrès concrets pour la population. *Une puissance régionale en devenir* Selon l’IDIA-BG, Madagascar réunit plusieurs des attributs susceptibles de faire de lui une grande puissance régionale : un vaste territoire, une population importante, d’abondantes ressources naturelles, agricoles et maritimes, une biodiversité exceptionnelle, une jeunesse nombreuse, des ressources humaines de qualité et une position géographique stratégique entre l’Afrique et l’Asie. Mais l’institut relève un paradoxe : ces potentialités ne se traduisent pas encore suffisamment par une amélioration durable des conditions de vie, la création d’emplois, le développement des infrastructures, l’industrialisation, la sécurité alimentaire ou encore une influence diplomatique à la hauteur des atouts du pays. Pour l’IDIA-BG, cette situation doit plutôt constituer un appel à la mobilisation qu’une raison de céder au fatalisme. La priorité serait de créer les conditions permettant aux Malgaches de transformer eux-mêmes les richesses de leur pays en développement humain, économique et social. *Une refondation qui doit dépasser les conférences* L’institut accorde une importance particulière à la Conférence nationale malgache. Celle-ci, estime-t-il, ne devrait pas être une simple succession de rencontres, de débats et de déclarations. Sa véritable portée dépendrait de sa capacité à faire émerger un diagnostic sincère, une vision partagée, des engagements vérifiables et un mécanisme crédible de mise en œuvre. L’enjeu serait également d’associer les différentes forces vives du pays afin de faire émerger un projet national suffisamment solide pour s’inscrire dans la durée. Cette démarche devrait réunir les institutions, les collectivités territoriales, les opérateurs économiques, les universitaires, les organisations professionnelles, la société civile, la jeunesse, les femmes ainsi que la diaspora. L’IDIA-BG insiste ainsi sur un principe : l’avenir de Madagascar ne peut être pensé à la place des Malgaches. Les partenaires africains et internationaux peuvent accompagner le processus, apporter leur expertise et soutenir les projets, mais les priorités doivent être définies souverainement par le pays lui-même. *De l’exploitation des ressources à la souveraineté productive* L’une des principales propositions de la tribune concerne la transformation du modèle économique malgache. Pour l’IDIA-BG, la souveraineté ne doit pas se limiter aux dimensions politique et diplomatique. Elle doit également être économique, alimentaire, énergétique, technologique et maritime. L’institut estime que Madagascar ne devrait pas se contenter d’exporter des matières premières ou des produits faiblement transformés. L’objectif serait de développer davantage la transformation locale, de créer de la valeur sur le territoire national, de renforcer les entreprises malgaches et de générer des emplois durables. Dans cette perspective, les investissements publics et privés devraient contribuer à plusieurs priorités : transformation locale des ressources, formation professionnelle, transfert de technologies, développement des petites et moyennes entreprises, protection de l’environnement et réduction des déséquilibres entre les territoires. L’IDIA-BG ne préconise donc pas une opposition entre capitaux nationaux et investissements étrangers. Il défend plutôt l’idée d’un cadre permettant à Madagascar de sélectionner, d’orienter et d’accompagner les investissements en fonction de ses priorités nationales de long terme. *La jeunesse, première richesse du pays* Autre axe majeur de la réflexion : le capital humain. Pour l’IDIA-BG, la véritable richesse de Madagascar réside d’abord dans sa population, et particulièrement dans sa jeunesse. Encore faut-il lui offrir les moyens de transformer son potentiel en force économique et sociale. Éducation, formation professionnelle, accès au financement, innovation et emploi sont ainsi présentés comme des leviers essentiels. Sans perspectives, souligne la tribune, une partie de cette jeunesse risque de connaître la précarité, le découragement ou l’exil. À l’inverse, une jeunesse correctement formée et accompagnée pourrait devenir l’un des principaux moteurs de la transformation du pays. L’institut appelle également à mieux intégrer les compétences de la diaspora. Celle-ci ne représente pas seulement une source de transferts financiers. Elle dispose aussi de compétences, de réseaux professionnels et d’une expérience internationale susceptibles de contribuer à la construction du pays. *Décentraliser sans fragiliser l’unité nationale* La question territoriale occupe également une place importante dans la vision proposée. L’IDIA-BG estime que le débat ne devrait pas être enfermé dans une opposition théorique entre centralisation et fédéralisme. La question fondamentale serait plutôt de savoir comment rapprocher la décision du citoyen, donner aux territoires les moyens d’agir, réduire les disparités régionales et préserver simultanément l’unité nationale. Une décentralisation véritable nécessiterait, selon la tribune, des compétences clairement définies, des ressources financières prévisibles, des administrations locales compétentes ainsi que des mécanismes efficaces de contrôle et de responsabilité. Chaque territoire pourrait ainsi développer des projets adaptés à ses propres potentialités agricoles, industrielles, touristiques, culturelles, énergétiques ou maritimes. L’IDIA-BG défend dans ce cadre une conception de l’unité nationale qui ne signifie pas uniformité. La diversité des territoires et des cultures pourrait devenir un avantage, à condition de s’inscrire dans une vision nationale commune et dans une égalité de citoyenneté. *La bonne gouvernance comme fondation de la puissance* Pour l’Institut, aucune ambition économique ne peut s’inscrire durablement dans un environnement institutionnel fragile. La tribune place ainsi l’État de droit, la bonne gouvernance, la sécurité juridique et l’efficacité administrative au cœur de la stratégie de développement. Des règles prévisibles et équitablement appliquées sont considérées comme indispensables pour renforcer la confiance des citoyens, des entrepreneurs et des investisseurs. L’IDIA-BG évoque notamment la nécessité d’une justice indépendante, d’organes de contrôle efficaces, d’une commande publique transparente et d’une lutte impartiale contre la corruption. La Refondation ne pourrait donc être évaluée uniquement à l’aune des conférences et des déclarations. Sa crédibilité dépendrait surtout de la qualité du dialogue national, de la représentativité des participants, de la transparence des décisions, du calendrier de leur mise en œuvre et des mécanismes de suivi. *Cap sur un pacte national de développement à l’horizon 2050* Pour donner une cohérence à cette ambition, l’IDIA-BG propose que la vision de Madagascar à l’horizon 2050 dépasse les alternances politiques et les intérêts de court terme. Elle pourrait, selon l’institut, prendre la forme d’un pacte national de développement couvrant plusieurs secteurs stratégiques : éducation, énergie, eau, agriculture, infrastructures, santé, numérique, industrialisation, économie maritime et aménagement du territoire. Une telle démarche permettrait de fixer des priorités nationales dans la durée et de donner davantage de visibilité aux politiques publiques et aux investissements. *Madagascar, acteur central de l’océan Indien* La réflexion de l’IDIA-BG dépasse largement les frontières malgaches. L’institut considère que l’avenir de Madagascar est intimement lié à celui de l’ensemble de l’océan Indien. Sécurité alimentaire, migrations, échanges économiques, environnement, sécurité maritime et prévention des catastrophes naturelles constituent, selon la tribune, des enjeux qui appellent des réponses régionales. Le potentiel agricole de Madagascar pourrait notamment contribuer à la sécurité alimentaire régionale. Ses ressources maritimes et sa position géographique pourraient également favoriser son rôle dans l’économie bleue, les échanges portuaires et la sécurité maritime. Sa jeunesse et sa culture pourraient, elles aussi, renforcer les liens entre l’Afrique, l’océan Indien et l’Asie. *Madagascar, Maurice et les Comores : une complémentarité à construire* L’IDIA-BG avance également une réflexion particulière autour de Madagascar, Maurice et les Comores. L’idée n’est pas de créer une concurrence entre ces États, mais de mettre en commun leurs avantages respectifs. Madagascar pourrait apporter sa profondeur territoriale, humaine et productive ; Maurice son expérience économique, institutionnelle et financière ainsi que ses connexions avec plusieurs grandes puissances asiatiques ; les Comores leur position de trait d’union entre différents espaces africains, arabes, musulmans et indianocéaniques. Cette complémentarité pourrait ouvrir la voie à des projets communs dans la sécurité alimentaire, l’économie maritime, les transports, l’énergie, le tourisme, la formation, la finance, le numérique et la prévention des risques climatiques. La dynamique pourrait également être élargie aux Seychelles, à La Réunion et aux États du littoral africain, avec l’ambition de faire progressivement de l’océan Indien occidental un espace davantage structuré autour de la production, des échanges et de la solidarité. *Un leadership fondé sur la crédibilité plutôt que la domination* Dans sa vision, l’IDIA-BG ne conçoit pas le leadership malgache comme une recherche de domination régionale. « Le leadership régional ne se proclame pas. Il se construit », défend en substance la tribune, à travers la crédibilité intérieure, la continuité de l’action publique, la capacité productive, la qualité des institutions et l’aptitude à fédérer des partenaires autour d’initiatives communes. L’ambition pour Madagascar serait ainsi de devenir une puissance économique, maritime, écologique, culturelle et diplomatique capable de contribuer à la prospérité de toute la région. *2050, l’horizon d’une nouvelle ambition malgache* Au terme de cette réflexion, l’IDIA-BG dessine une perspective ambitieuse : qu’à l’horizon 2050, Madagascar ne soit plus seulement considéré comme un pays disposant d’immenses potentialités, mais comme une puissance productive, maritime, écologique, culturelle et diplomatique, ayant réussi à convertir ses ressources en progrès pour sa population. Le défi est donc présenté comme un défi de transformation plutôt que de simple accumulation de richesses. Il s’agit de construire des institutions crédibles, de former la jeunesse, de valoriser la diaspora, de développer les territoires, de transformer localement les ressources et de renforcer les coopérations régionales. Dans cette perspective, soutenir Madagascar ne signifierait pas décider à sa place. Il s’agirait plutôt d’accompagner un peuple dans la construction de ses propres solutions, tout en reconnaissant que la stabilité et la prospérité de la Grande Île participent directement à l’équilibre de l’ensemble de l’océan Indien. La Conférence nationale, selon l’IDIA-BG, peut ainsi constituer une occasion de regarder au-delà des urgences du présent et de poser les fondations d’un projet national à long terme. Une ambition dont l’horizon est fixé à 2050, mais dont les choix déterminants commencent dès aujourd’hui.

À la faveur des réflexions engagées autour de la refondation de l’État, de la gouvernance et de l’organisation territoriale, l’Institut du Droit international africain et de la Bonne Gouvernance (IDIA-BG) livre sa vision de Madagascar à l’horizon 2050. L’institut plaide pour une transformation profonde du pays, fondée sur la souveraineté productive, la valorisation des ressources humaines, la décentralisation, la bonne gouvernance et une coopération renforcée dans l’espace indianocéanique.
Madagascar se trouve à un tournant majeur de son histoire. C’est le constat qui ressort de la nouvelle tribune de l’Institut du Droit international africain et de la Bonne Gouvernance (IDIA-BG), consacrée à l’avenir du pays à l’horizon 2050. Intitulée « Madagascar à l’horizon 2050 : soutenir une puissance en devenir au service de sa population et de l’océan Indien », cette réflexion intervient dans le contexte de la Conférence nationale malgache et des débats consacrés à la refondation de l’État, à la gouvernance, à l’organisation territoriale et au développement économique.
Dans cette contribution, l’IDIA-BG, présidé par Maître Saïd Larifou, invite à dépasser les enjeux immédiats pour inscrire la réflexion malgache dans le temps long. L’institut insiste notamment sur la nécessité de construire une vision nationale capable de survivre aux alternances politiques et de transformer durablement les immenses potentialités du pays en progrès concrets pour la population.
Une puissance régionale en devenir
Selon l’IDIA-BG, Madagascar réunit plusieurs des attributs susceptibles de faire de lui une grande puissance régionale : un vaste territoire, une population importante, d’abondantes ressources naturelles, agricoles et maritimes, une biodiversité exceptionnelle, une jeunesse nombreuse, des ressources humaines de qualité et une position géographique stratégique entre l’Afrique et l’Asie.
Mais l’institut relève un paradoxe : ces potentialités ne se traduisent pas encore suffisamment par une amélioration durable des conditions de vie, la création d’emplois, le développement des infrastructures, l’industrialisation, la sécurité alimentaire ou encore une influence diplomatique à la hauteur des atouts du pays.
Pour l’IDIA-BG, cette situation doit plutôt constituer un appel à la mobilisation qu’une raison de céder au fatalisme. La priorité serait de créer les conditions permettant aux Malgaches de transformer eux-mêmes les richesses de leur pays en développement humain, économique et social.
Une refondation qui doit dépasser les conférences
L’institut accorde une importance particulière à la Conférence nationale malgache. Celle-ci, estime-t-il, ne devrait pas être une simple succession de rencontres, de débats et de déclarations.
Sa véritable portée dépendrait de sa capacité à faire émerger un diagnostic sincère, une vision partagée, des engagements vérifiables et un mécanisme crédible de mise en œuvre. L’enjeu serait également d’associer les différentes forces vives du pays afin de faire émerger un projet national suffisamment solide pour s’inscrire dans la durée.
Cette démarche devrait réunir les institutions, les collectivités territoriales, les opérateurs économiques, les universitaires, les organisations professionnelles, la société civile, la jeunesse, les femmes ainsi que la diaspora.
L’IDIA-BG insiste ainsi sur un principe : l’avenir de Madagascar ne peut être pensé à la place des Malgaches. Les partenaires africains et internationaux peuvent accompagner le processus, apporter leur expertise et soutenir les projets, mais les priorités doivent être définies souverainement par le pays lui-même.
De l’exploitation des ressources à la souveraineté productive
L’une des principales propositions de la tribune concerne la transformation du modèle économique malgache. Pour l’IDIA-BG, la souveraineté ne doit pas se limiter aux dimensions politique et diplomatique. Elle doit également être économique, alimentaire, énergétique, technologique et maritime.
L’institut estime que Madagascar ne devrait pas se contenter d’exporter des matières premières ou des produits faiblement transformés. L’objectif serait de développer davantage la transformation locale, de créer de la valeur sur le territoire national, de renforcer les entreprises malgaches et de générer des emplois durables.
Dans cette perspective, les investissements publics et privés devraient contribuer à plusieurs priorités : transformation locale des ressources, formation professionnelle, transfert de technologies, développement des petites et moyennes entreprises, protection de l’environnement et réduction des déséquilibres entre les territoires.
L’IDIA-BG ne préconise donc pas une opposition entre capitaux nationaux et investissements étrangers. Il défend plutôt l’idée d’un cadre permettant à Madagascar de sélectionner, d’orienter et d’accompagner les investissements en fonction de ses priorités nationales de long terme.
La jeunesse, première richesse du pays
Autre axe majeur de la réflexion : le capital humain. Pour l’IDIA-BG, la véritable richesse de Madagascar réside d’abord dans sa population, et particulièrement dans sa jeunesse. Encore faut-il lui offrir les moyens de transformer son potentiel en force économique et sociale.
Éducation, formation professionnelle, accès au financement, innovation et emploi sont ainsi présentés comme des leviers essentiels. Sans perspectives, souligne la tribune, une partie de cette jeunesse risque de connaître la précarité, le découragement ou l’exil. À l’inverse, une jeunesse correctement formée et accompagnée pourrait devenir l’un des principaux moteurs de la transformation du pays.
L’institut appelle également à mieux intégrer les compétences de la diaspora. Celle-ci ne représente pas seulement une source de transferts financiers. Elle dispose aussi de compétences, de réseaux professionnels et d’une expérience internationale susceptibles de contribuer à la construction du pays.
Décentraliser sans fragiliser l’unité nationale
La question territoriale occupe également une place importante dans la vision proposée. L’IDIA-BG estime que le débat ne devrait pas être enfermé dans une opposition théorique entre centralisation et fédéralisme. La question fondamentale serait plutôt de savoir comment rapprocher la décision du citoyen, donner aux territoires les moyens d’agir, réduire les disparités régionales et préserver simultanément l’unité nationale.
Une décentralisation véritable nécessiterait, selon la tribune, des compétences clairement définies, des ressources financières prévisibles, des administrations locales compétentes ainsi que des mécanismes efficaces de contrôle et de responsabilité. Chaque territoire pourrait ainsi développer des projets adaptés à ses propres potentialités agricoles, industrielles, touristiques, culturelles, énergétiques ou maritimes.
L’IDIA-BG défend dans ce cadre une conception de l’unité nationale qui ne signifie pas uniformité. La diversité des territoires et des cultures pourrait devenir un avantage, à condition de s’inscrire dans une vision nationale commune et dans une égalité de citoyenneté.
La bonne gouvernance comme fondation de la puissance
Pour l’Institut, aucune ambition économique ne peut s’inscrire durablement dans un environnement institutionnel fragile.
La tribune place ainsi l’État de droit, la bonne gouvernance, la sécurité juridique et l’efficacité administrative au cœur de la stratégie de développement. Des règles prévisibles et équitablement appliquées sont considérées comme indispensables pour renforcer la confiance des citoyens, des entrepreneurs et des investisseurs.
L’IDIA-BG évoque notamment la nécessité d’une justice indépendante, d’organes de contrôle efficaces, d’une commande publique transparente et d’une lutte impartiale contre la corruption.
La Refondation ne pourrait donc être évaluée uniquement à l’aune des conférences et des déclarations. Sa crédibilité dépendrait surtout de la qualité du dialogue national, de la représentativité des participants, de la transparence des décisions, du calendrier de leur mise en œuvre et des mécanismes de suivi.
Cap sur un pacte national de développement à l’horizon 2050
Pour donner une cohérence à cette ambition, l’IDIA-BG propose que la vision de Madagascar à l’horizon 2050 dépasse les alternances politiques et les intérêts de court terme.
Elle pourrait, selon l’institut, prendre la forme d’un pacte national de développement couvrant plusieurs secteurs stratégiques : éducation, énergie, eau, agriculture, infrastructures, santé, numérique, industrialisation, économie maritime et aménagement du territoire.
Une telle démarche permettrait de fixer des priorités nationales dans la durée et de donner davantage de visibilité aux politiques publiques et aux investissements.
Madagascar, acteur central de l’océan Indien
La réflexion de l’IDIA-BG dépasse largement les frontières malgaches. L’institut considère que l’avenir de Madagascar est intimement lié à celui de l’ensemble de l’océan Indien.
Sécurité alimentaire, migrations, échanges économiques, environnement, sécurité maritime et prévention des catastrophes naturelles constituent, selon la tribune, des enjeux qui appellent des réponses régionales.
Le potentiel agricole de Madagascar pourrait notamment contribuer à la sécurité alimentaire régionale. Ses ressources maritimes et sa position géographique pourraient également favoriser son rôle dans l’économie bleue, les échanges portuaires et la sécurité maritime. Sa jeunesse et sa culture pourraient, elles aussi, renforcer les liens entre l’Afrique, l’océan Indien et l’Asie.
Madagascar, Maurice et les Comores : une complémentarité à construire
L’IDIA-BG avance également une réflexion particulière autour de Madagascar, Maurice et les Comores.
L’idée n’est pas de créer une concurrence entre ces États, mais de mettre en commun leurs avantages respectifs. Madagascar pourrait apporter sa profondeur territoriale, humaine et productive ; Maurice son expérience économique, institutionnelle et financière ainsi que ses connexions avec plusieurs grandes puissances asiatiques ; les Comores leur position de trait d’union entre différents espaces africains, arabes, musulmans et indianocéaniques.
Cette complémentarité pourrait ouvrir la voie à des projets communs dans la sécurité alimentaire, l’économie maritime, les transports, l’énergie, le tourisme, la formation, la finance, le numérique et la prévention des risques climatiques.
La dynamique pourrait également être élargie aux Seychelles, à La Réunion et aux États du littoral africain, avec l’ambition de faire progressivement de l’océan Indien occidental un espace davantage structuré autour de la production, des échanges et de la solidarité.
Un leadership fondé sur la crédibilité plutôt que la domination
Dans sa vision, l’IDIA-BG ne conçoit pas le leadership malgache comme une recherche de domination régionale. « Le leadership régional ne se proclame pas. Il se construit », défend en substance la tribune, à travers la crédibilité intérieure, la continuité de l’action publique, la capacité productive, la qualité des institutions et l’aptitude à fédérer des partenaires autour d’initiatives communes.
L’ambition pour Madagascar serait ainsi de devenir une puissance économique, maritime, écologique, culturelle et diplomatique capable de contribuer à la prospérité de toute la région.
2050, l’horizon d’une nouvelle ambition malgache
Au terme de cette réflexion, l’IDIA-BG dessine une perspective ambitieuse : qu’à l’horizon 2050, Madagascar ne soit plus seulement considéré comme un pays disposant d’immenses potentialités, mais comme une puissance productive, maritime, écologique, culturelle et diplomatique, ayant réussi à convertir ses ressources en progrès pour sa population.
Le défi est donc présenté comme un défi de transformation plutôt que de simple accumulation de richesses. Il s’agit de construire des institutions crédibles, de former la jeunesse, de valoriser la diaspora, de développer les territoires, de transformer localement les ressources et de renforcer les coopérations régionales.
Dans cette perspective, soutenir Madagascar ne signifierait pas décider à sa place. Il s’agirait plutôt d’accompagner un peuple dans la construction de ses propres solutions, tout en reconnaissant que la stabilité et la prospérité de la Grande Île participent directement à l’équilibre de l’ensemble de l’océan Indien.
La Conférence nationale, selon l’IDIA-BG, peut ainsi constituer une occasion de regarder au-delà des urgences du présent et de poser les fondations d’un projet national à long terme. Une ambition dont l’horizon est fixé à 2050, mais dont les choix déterminants commencent dès aujourd’hui.




