70 ans du PAIGC : Me Saïd Larifou appelle les grandes forces politiques africaines à défendre la démocratie et la souveraineté du continent
« L'Afrique a besoin de partis historiques portés par des hommes de conviction »

À l’occasion du 70ᵉ anniversaire du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), célébré dans une ambiance de recueillement historique et de réflexion sur l’avenir du continent, Me Saïd Larifou, avocat international et président du RIDJA-PACTEF, a livré un message fort mêlant hommage, engagement panafricain et dénonciation de la crise politique que traverse aujourd’hui la Guinée-Bissau.
Pour le leader politique comorien, participer à cette célébration revêt une portée hautement symbolique. Il estime que le PAIGC, fondé le 19 septembre 1956 par le révolutionnaire Amílcar Cabral et ses compagnons, n’est pas seulement un parti politique de Guinée-Bissau, mais un véritable patrimoine politique africain. « C’était pour moi un devoir d’être présent. C’est une immense fierté de célébrer avec nos frères et sœurs de Guinée-Bissau les 70 ans d’un parti qui a profondément marqué l’histoire de l’Afrique de l’Ouest, la lutte pour les indépendances et la conscience panafricaine », a-t-il déclaré.
Selon Me Saïd Larifou, le PAIGC demeure l’un des plus grands héritages politiques du continent. Les idéaux défendus par ses fondateurs continuent d’inspirer plusieurs générations d’Africains engagés pour la liberté, la justice, la souveraineté et le développement. Pour lui, sept décennies d’existence représentent bien plus qu’un anniversaire : elles incarnent soixante-dix années de sacrifices, d’engagement et de fidélité aux valeurs africaines.
« Cet héritage est une richesse, mais aussi une immense responsabilité qui repose désormais sur les épaules des militants de ce grand parti. Ils doivent continuer à porter le flambeau des valeurs défendues par leurs aînés », a insisté le président du RIDJA-PACTEF.
*L’Afrique appelée à compter sur ses propres forces*
Au-delà de cet hommage historique, Me Saïd Larifou a lancé un vibrant appel à la consolidation des grands partis politiques africains. À ses yeux, les prochaines décennies seront décisives pour le continent. « L’Afrique a besoin de formations politiques solides, dirigées par des femmes et des hommes de conviction, profondément attachés à leur continent. Les défis liés à la souveraineté, au développement économique, à la stabilité institutionnelle et à l’intégration régionale exigent des responsables politiques courageux et visionnaires », a-t-il affirmé.
Pour lui, aucune puissance étrangère ne construira la démocratie à la place des Africains. La défense des institutions démocratiques, de l’État de droit et des Constitutions relève d’abord de la responsabilité des peuples africains et de leurs dirigeants.
*Une charge sévère contre la crise politique en Guinée-Bissau*
Profitant de cette tribune, Me Saïd Larifou est revenu longuement sur la situation politique qu’il qualifie de « profondément traumatisante » en Guinée-Bissau.
Se présentant comme un témoin privilégié des événements en raison de son implication en qualité d’avocat dans le contentieux électoral, il a dénoncé ce qu’il considère comme un « coup d’État électoral » ayant empêché, selon lui, le respect du verdict des urnes lors de la précédente présidentielle.
L’avocat international regrette vivement l’attitude des organisations régionales et internationales présentes sur place au moment des faits. À ses yeux, celles-ci auraient dû agir avec fermeté afin de préserver la démocratie et empêcher l’installation d’un pouvoir qu’il juge arbitraire.
« Les institutions africaines disposaient de tous les moyens nécessaires pour faire respecter la légalité constitutionnelle. Si elles avaient pleinement assumé leur responsabilité à ce moment-là, la Guinée-Bissau ne connaîtrait pas aujourd’hui une telle crise politique et institutionnelle », a-t-il soutenu.
*Des accusations de dérives et d’instrumentalisation de la justice*
Me Saïd Larifou affirme également que plusieurs opposants seraient victimes de détentions arbitraires et d’une instrumentalisation de la justice destinée, selon lui, à empêcher certaines candidatures lors des prochaines échéances électorales.
Il accuse les autorités en place d’utiliser les ressources publiques sans contrôle effectif et de chercher à neutraliser leurs adversaires politiques par des procédures judiciaires qu’il qualifie de fabriquées.
Selon lui, cette situation est connue aussi bien par les organisations sous-régionales que par l’Union africaine, auxquelles il reproche leur passivité face aux atteintes présumées aux principes démocratiques.
*« La démocratie africaine sera l’œuvre des Africains »*
En conclusion, Me Saïd Larifou a invité les grands partis historiques du continent à unir leurs forces afin de préserver les acquis démocratiques et renforcer la souveraineté politique de l’Afrique.
« Nous devons nous retrouver autour d’une même vision pour défendre nos démocraties. Aucune grande puissance ne viendra installer la démocratie en Afrique à notre place. C’est un combat que les Africains doivent mener eux-mêmes, pour l’Afrique et avec les Africains », a-t-il conclu, appelant à un sursaut collectif des forces politiques panafricaines face aux défis auxquels le continent est confronté.




