Association Béninoise Eau et Énergies
Le solaire hors réseau au cœur d’une dynamique de transformation

À Cotonou, l’Association Béninoise Eau et Énergies (ABEE) renforce son engagement pour l’accès universel à l’énergie à travers une initiative stratégique. Ce lundi 27 avril 2026, l’organisation a tenu une session de formation dédiée aux « Défis et opportunités d’accès à l’énergie hors réseau au Bénin à partir du solaire », avec l’appui de la Royal Academy of Engineering et l’expertise de S2 Services Cameroun.
Réunissant experts, acteurs institutionnels, ONG, entrepreneurs et représentants de l’État, cette rencontre s’inscrit dans une volonté de structurer une réponse efficace à la problématique de l’électrification, notamment en milieu rural.

Un potentiel solaire encore sous-exploité
En ouverture, le président de l’ABEE a rappelé un constat frappant : malgré un ensoleillement abondant, une part importante de la population béninoise n’a toujours pas accès à une énergie fiable. En milieu rural, la situation reste particulièrement préoccupante, avec un faible taux d’électrification. « Nous avons le soleil, mais nous ne l’exploitons pas suffisamment », a-t-il souligné, appelant à faire de l’énergie solaire un levier central de développement et à impliquer davantage les communautés dans cette transition.

Le solaire, moteur de développement économique et social
Au cœur des travaux, l’énergie solaire hors réseau s’impose comme une solution concrète et adaptée aux réalités locales. Les échanges ont mis en évidence ses impacts multiples : amélioration de l’accès à l’eau potable via des systèmes de pompage solaire, renforcement des services de santé, notamment pour la conservation des vaccins, électrification des écoles et accès aux outils numériques, dynamisation des activités économiques locales, notamment agricoles. Les formateurs ont insisté sur une approche innovante : faire du kilowattheure un facteur de production et de revenus. Le solaire ne se limite plus à l’éclairage, il devient un véritable moteur de création de richesse.

Des défis techniques et structurels à relever
La formation a permis d’identifier les principaux obstacles qui freinent le déploiement du solaire hors réseau : accès limité aux financements adaptés, coût encore élevé de certains équipements, notamment les batteries, insuffisance de compétences locales pour l’installation et la maintenance, manque de suivi technique après installation, coordination insuffisante entre les acteurs, Les experts ont souligné que plusieurs projets échouent en raison d’un défaut de maintenance ou d’un manque de techniciens qualifiés, malgré des investissements initiaux conséquents.

Former et professionaliser la filière
Face à ces défis, l’ABEE mise sur la formation comme levier prioritaire. La session a permis de vulgariser les systèmes solaires hors réseau (installations autonomes, mini-réseaux, solutions hybrides) et de partager des outils pratiques pour mieux concevoir et gérer les projets. L’accent a été mis sur : la planification rigoureuse des projets, le choix de matériels de qualité, la documentation des besoins et des coûts, l’intégration de la maintenance dès la conception, le recours à des solutions innovantes comme le paiement mobile. Une attention particulière a également été accordée à l’implication des jeunes et des femmes, acteurs clés de la chaîne de valeur énergétique.

Des opportunités internationales à portée de main
La Royal Academy of Engineering a présenté des dispositifs d’accompagnement destinés aux porteurs de projets : financement, mentorat, formation et accès à des réseaux internationaux. Ces opportunités, encore peu connues dans les pays francophones, soutiennent des initiatives innovantes alignées sur les Objectifs de développement durable, notamment dans le domaine des énergies renouvelables. Les participants ont été encouragés à structurer leurs projets, à intégrer une dimension sociale et à s’inscrire dans une dynamique globale pour maximiser leur impact.
Une stratégie nationale à renforcer
Pour l’ABEE, l’enjeu est clair : « Sans énergie, pas d’eau potable, pas de santé, pas d’éducation ». Le solaire hors réseau apparaît comme une réponse immédiate, mais aussi comme un pilier du développement durable. À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment : renforcer le cadre institutionnel et réglementaire, développer des mécanismes de financement inclusifs, investir dans la formation et le transfert de compétences, encourager les partenariats entre secteurs public et privé. Ces conclusions viendront alimenter la politique nationale d’électrification rurale.
Vers une démocratisation du solaire au Bénin
Au-delà des échanges techniques, cette formation marque une étape importante dans la mobilisation des acteurs autour de l’énergie solaire. Elle aura permis de sensibiliser, former et connecter les différents intervenants du secteur. En clôture, un message fort a été lancé : faire de chaque participant un ambassadeur du solaire. Car le véritable défi reste la transformation du potentiel en réalité concrète pour les populations. Dans un contexte de transition énergétique et de lutte contre les changements climatiques, le Bénin semble engagé sur une voie prometteuse : celle d’une énergie accessible, durable et inclusive.


