Guinée-Bissau : une nouvelle dynamique de la CEDEAO saluée par l’IDIABG pour son appel à une transition démocratique inclusive
(Me Saïd LARIFOU plaide pour un dialogue politique et un mécanisme permanent de suivi afin de sortir durablement la Guinée-Bissau de la crise institutionnelle.)

La crise politique, électorale et institutionnelle qui secoue la Guinée-Bissau continue de susciter de vives réactions au sein des organisations africaines engagées dans la promotion de la démocratie et de l’État de droit. Dans une déclaration rendue publique à Dakar le 21 juillet 2026, l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance (IDIABG) a salué les conclusions de la 69ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO tenue le 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone, tout en appelant à des actions concrètes pour ramener durablement la stabilité dans le pays.
L’Institut estime que les décisions prises par les dirigeants ouest-africains traduisent une évolution notable de l’approche régionale face à la crise bissau-guinéenne. Selon lui, la reconnaissance de la nécessité d’une transition politique inclusive, du dialogue entre les acteurs nationaux, du rétablissement de l’ordre constitutionnel et du respect des droits fondamentaux constitue un signal encourageant pour l’avenir démocratique de la Guinée-Bissau.
Toutefois, l’IDIABG insiste sur le fait que ces engagements ne doivent pas rester de simples déclarations d’intention. L’Institut considère qu’ils doivent désormais être traduits en mesures concrètes susceptibles de restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens. Il rappelle qu’une démocratie ne se résume pas à l’organisation d’élections, mais repose avant tout sur la légitimité des institutions, le respect des libertés publiques, l’indépendance des organes électoraux et la souveraineté populaire.
Au cœur de ses recommandations figure la demande de libération immédiate et sans condition de l’ensemble des prisonniers politiques, notamment de Domingos Simões Pereira, président du PAIGC. Pour l’Institut, cette mesure constituerait un geste fort d’apaisement et créerait un climat favorable à l’ouverture d’un dialogue politique sincère entre les différentes parties prenantes.
L’IDIABG préconise également une large concertation nationale autour du processus référendaire et électoral. Selon lui, un réexamen consensuel du calendrier politique permettrait de garantir des élections crédibles, inclusives et pleinement légitimes, tout en consolidant les bases d’un retour durable à l’ordre constitutionnel.
Dans une proposition jugée novatrice, l’Institut recommande la création à Bissau d’un Comité inclusif de Suivi de la Transition, du Dialogue National et du Rétablissement de l’Ordre Constitutionnel. Cette structure réunirait représentants des institutions, partis politiques, société civile, organisations citoyennes, autorités religieuses et coutumières ainsi que les partenaires régionaux et internationaux. Sa mission serait notamment de suivre la mise en œuvre des décisions de la CEDEAO, de faciliter le dialogue politique permanent, de promouvoir la réconciliation nationale, de veiller au respect des droits de l’homme et d’accompagner les réformes institutionnelles et électorales.
L’Institut que dirige Me Saïd LARIFOU souhaite que ce mécanisme bénéficie du soutien politique, technique, logistique et, si nécessaire, sécuritaire de la CEDEAO, de l’Union africaine, des Nations Unies, de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) ainsi que de l’ensemble des partenaires internationaux engagés en faveur de la stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest. Selon lui, une telle architecture renforcerait la transparence, la confiance mutuelle et la crédibilité du processus de sortie de crise.
En conclusion, l’Institut estime que le communiqué adopté à Lungi ouvre une véritable fenêtre d’opportunité pour la Guinée-Bissau. Il exhorte les autorités nationales, les forces politiques, la société civile et les partenaires internationaux à saisir ce moment historique pour bâtir un consensus durable capable de restaurer pleinement la légitimité des institutions et de consolider la paix civile.
À travers cette déclaration, l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance réaffirme sa disponibilité à mettre son expertise en matière de droit international, de gouvernance démocratique, de médiation institutionnelle et de prévention des crises au service d’une solution pacifique, inclusive et conforme aux principes démocratiques. Pour l’Institut, une conviction demeure : la stabilité ne peut être durable que lorsqu’elle repose sur la légalité, la justice, le dialogue et la souveraineté du peuple, et non sur le seul rapport de force politique.




