FBF : Mathurin de Chacus face au dilemme de la liste

À l’approche de la prochaine élection à la Fédération béninoise de football (FBF), le climat semble s’être quelque peu apaisé au sein du comité de Mathurin de Chacus, après une dizaine de jours marqués par de fortes tractations autour de la succession. Cette accalmie fait suite à plusieurs échanges jugés décisifs, notamment une rencontre tenue dans un hôtel de Cotonou (07.07.2026) entre le président sortant, certains membres de son bureau et des délégués, ainsi qu’une autre réunion organisée dimanche dernier (12.07.2026) à son domicile, consacrée à la question du dauphinat.
Selon plusieurs indiscrétions, cette dernière rencontre aurait permis de dégager une orientation claire : celle d’une liste portée par le comité sortant, sous le contrôle de son président, afin de préserver les acquis dans un esprit de continuité et de consensus. Dans un contexte où les ambitions se multiplient, cette option vise à ramener de la sérénité et à éviter une dispersion des forces au moment où le football béninois s’apprête à franchir une nouvelle étape.
Mais à mesure que les lignes bougent, une difficulté importante retient l’attention : la question de la conformité des candidatures aux exigences morales, statutaires et réglementaires. Au sein de cette dynamique, un nom suscite des interrogations : celui de Atindéhou Innocent, membre du comité exécutif actuel. Son profil, bien connu dans les cercles du football national et international, est aujourd’hui au cœur de certaines réserves liées à sa situation disciplinaire. Plusieurs sources évoquent en effet des sanctions encore pendantes (interdiction d’exercer de deux ans et une amende individuelle s’élevant à plus de 7 millions de francs CFA), ce qui alimente le débat sur l’opportunité de le maintenir sur une liste appelée à porter l’éthique.
Dans un processus électoral aussi sensible, la question n’est pas seulement celle de l’expérience ou de la fidélité au groupe. Elle concerne aussi la capacité des candidats à réunir toutes les garanties de conformité et de crédibilité. Pour une liste qui entend bénéficier de la bénédiction de Mathurin De Chacus (sur le départ), la moindre fragilité pourrait devenir un point d’attaque pour les adversaires et affaiblir l’ensemble du dispositif.
C’est pourquoi plusieurs observateurs appellent à la prudence. L’idée n’est pas de remettre en cause les qualités humaines, personnelles ou l’énergie d’Atindéhou Innocent, mais de rappeler qu’une transition réussie exige des choix solides, juridiquement sûrs et politiquement maîtrisés. Dans un contexte où chaque détail peut peser lourd, il serait risqué de prêter flanc à la contestation par une erreur évitable. Encore que l’intéressé ne restera pas sur les carreaux car promu dans l’une des commissions de la faîtière (CAF).
Les adversaires de la gouvernance sortante, en embuscade, n’attendent souvent qu’une faille pour reprendre la balle au bond. Une candidature contestable ou contestée pourrait ainsi leur offrir un angle d’attaque déterminant dans une bataille déjà serrée. À quelques semaines du scrutin, la logique du « mieux vaut prévenir que guérir » prend donc tout son sens.
Pour Mathurin de Chacus et son camp, l’enjeu est désormais de construire une liste à la fois cohérente, irréprochable et capable de rassembler. Car dans une élection où l’éthique est invoquée comme mot d’ordre, la moindre faiblesse dans le choix des profils pourrait compromettre le travail de plusieurs années. Entre se faire hara-Kiri ou partir avec tous les honneurs, pour le président sortant, le défi doit être clair : éviter toute erreur de casting qui pourrait fragiliser une transition tout en préservant son héritage.



