Non classé

Mayotte et les Comores

Me Saïd Larifou plaide pour une nouvelle ère de dialogue et annonce un Pacte de stabilité pour l'océan Indien

Après des décennies de tensions diplomatiques et de divergences autour de la question de Mayotte, Me Saïd Larifou, président-fondateur de l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance (IDIABG), appelle à ouvrir une nouvelle dynamique des relations entre les îles de l’archipel des Comores, fondée sur des propositions concrètes pour apaiser les tensions et les crises qui secouent ce territoire de près d’un million d’habitants, situé dans l’océan Indien. À travers une déclaration consécutive à son entretien accordé au quotidien Flash Infos de Mayotte, le juriste esquisse les contours d’une ambitieuse initiative destinée à favoriser la paix, la coopération et la confiance dans l’ensemble de l’océan Indien.

Pour Me Saïd Larifou, l’interview récemment publiée par le quotidien mahorais ne constitue pas seulement un échange médiatique. Elle représente, selon lui, une opportunité de faire évoluer un débat longtemps marqué par les incompréhensions réciproques, les blessures de l’histoire et les postures politiques.

Le président de l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance a d’ailleurs tenu à saluer l’ouverture d’esprit de la rédaction du journal, qui a accepté de publier une analyse différente de celles habituellement exprimées sur ce dossier particulièrement sensible.

À ses yeux, toute démocratie véritable repose avant tout sur la capacité d’écouter les opinions divergentes. Lorsque des convictions opposées acceptent de dialoguer dans le respect mutuel, estime-t-il, c’est l’intelligence collective qui progresse et ouvre la voie à des solutions nouvelles.

Un débat toujours sensible

Les nombreuses réactions suscitées par cet entretien démontrent, selon Me Larifou, que la question de Mayotte demeure profondément ancrée dans les consciences, aussi bien au sein de l’Union des Comores qu’à Mayotte et plus largement dans l’ensemble de la région.

Au-delà des prises de position parfois tranchées, il observe néanmoins une aspiration grandissante des populations à sortir des affrontements stériles afin de rechercher des réponses pragmatiques, humaines et durables aux défis qui concernent l’ensemble des territoires de l’océan Indien.

Le juriste rappelle que le débat reste indispensable dans toute société démocratique. Mais il considère qu’il ne peut constituer une finalité en lui-même. Les citoyens attendent désormais des responsables politiques, des universitaires, des juristes, des élus et des organisations de la société civile qu’ils formulent des propositions susceptibles d’améliorer concrètement les relations entre les différents acteurs de la région.

Des défis communs qui imposent une coopération renforcée

Pour le président de l’IDIABG, les États et territoires de l’océan Indien font aujourd’hui face à des défis majeurs qui dépassent largement les différends historiques.

La sécurité maritime, l’immigration irrégulière, la pauvreté, le chômage des jeunes, les conséquences du changement climatique, la protection des écosystèmes marins, le développement économique, la mobilité des étudiants, la coopération sanitaire ainsi que la stabilité régionale figurent parmi les priorités qui nécessitent une réponse collective.

Selon lui, aucun de ces enjeux ne pourra être résolu durablement dans un climat de confrontation permanente. De la même manière, le déni des réalités historiques, humaines ou juridiques ne saurait constituer une solution. Une nouvelle méthode s’impose, fondée sur le dialogue, le respect du droit international, la confiance réciproque et la recherche d’intérêts communs.

Un Livre blanc pour refonder les relations dans l’océan Indien

Afin de traduire cette vision en actions concrètes, l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance annonce la prochaine publication d’un Livre blanc pour un Pacte de stabilité, de coopération et de confiance dans l’océan Indien.

Ce document stratégique formulera plusieurs recommandations dans les domaines juridique, diplomatique, économique, sécuritaire et humanitaire. Son ambition est d’ouvrir une nouvelle étape dans les relations entre l’ensemble des territoires de la région en privilégiant une approche constructive plutôt que conflictuelle.

L’Institut souhaite également mettre en place un Forum permanent du dialogue pour l’océan Indien. Cette plateforme réunirait des représentants de l’archipel des Comores, de la France, des autres États riverains, ainsi que des universitaires, juristes, élus, représentants de la jeunesse, acteurs économiques et membres de la société civile.

L’objectif serait d’instaurer un espace permanent d’écoute, d’échanges et de propositions afin de favoriser l’émergence de solutions mutuellement bénéfiques et de consolider une culture de dialogue dans la région.

Un Pacte de confiance entre la France et l’Union des Comores

Dans le prolongement de cette initiative, Me Saïd Larifou annonce également la préparation d’un Pacte de confiance entre la France et l’Union des Comores consacré à la question de Mayotte.

Cette démarche, précise-t-il, n’a pas vocation à effacer les divergences ni à remettre en cause les convictions des différentes parties. Elle vise plutôt à créer les conditions d’un dialogue durable, responsable et respectueux, capable de transformer les désaccords hérités du passé en opportunités de coopération.

Pour le président de l’Institut, la responsabilité de la génération actuelle est de transmettre aux générations futures non pas les conflits hérités de l’histoire, mais une méthode fondée sur la confiance, le respect mutuel, la paix et le développement partagé.

À travers cette initiative, Me Saïd Larifou affirme sa conviction que l’avenir de l’océan Indien repose moins sur la perpétuation des antagonismes que sur la capacité des peuples et des États à bâtir ensemble un espace régional plus stable, plus solidaire et résolument tourné vers l’avenir.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page