Hommage à El-Hadj Sékou Kaba, bâtisseur de l’Afrique
Me Saïd Larifou salue la mémoire d’un « prince de l’esprit »

Hommage à El-Hadj Sékou Kaba, bâtisseur de l’Afrique
Me Saïd Larifou salue la mémoire d’un « prince de l’esprit »
Le continent africain est une nouvelle fois en deuil. Dans une déclaration empreinte d’émotion et de respect, l’avocat et homme politique panafricaniste Me Saïd Larifou a rendu un vibrant hommage à Elhadj Sékou Kaba, figure intellectuelle et économique majeure de Guinée, rappelé à Dieu le 18 février 2026 aux États-Unis d’Amérique.
Cette disparition intervient peu après celle d’autres personnalités noires de renom, notamment le Révérend Jesse Jackson, et renforce, selon Me Larifou, « le sentiment d’une génération de bâtisseurs qui s’efface progressivement ».
Un héritier de la noblesse de Kankan
Originaire de Kankan, en Guinée-Conakry, Elhadj Sékou Kaba appartenait à la prestigieuse lignée du Batè. Prince par naissance, il aura surtout marqué son époque par la noblesse de son engagement intellectuel et institutionnel. Pour Me Saïd Larifou, le défunt « a su concilier avec une élégance rare l’héritage de ses ancêtres et les exigences de la modernité ».
Au-delà du symbole traditionnel qu’il incarnait, Elhadj Sékou Kaba s’est imposé comme un acteur discret mais déterminant du développement africain. Son passage à la Banque africaine de développement (BAD) reste, de l’avis de nombreux observateurs, l’une des périodes où son influence a été la plus structurante.
Le « bâtisseur de l’ombre » de la BAD
Me Larifou insiste particulièrement sur le rôle souvent méconnu mais essentiel joué par le disparu au sein de la BAD. Qualifié de « bâtisseur de l’ombre », Elhadj Sékou Kaba a contribué, par son expertise et sa vision, à façonner des orientations économiques majeures pour le continent.
Dans les cercles financiers africains, son nom reste associé à une approche rigoureuse du développement, alliant ancrage culturel et modernité économique. Sa méthode, faite de discrétion, de compétence technique et de fidélité aux valeurs africaines, lui a valu le respect de ses pairs.
Un gardien de la mémoire mandingue
Mais l’homme ne fut pas seulement un technocrate du développement. Il fut aussi un intellectuel soucieux de préserver la mémoire de son peuple. Par son érudition, Elhadj Sékou Kaba a contribué à immortaliser l’âme mandingue à travers plusieurs ouvrages de référence.
Ses publications, notamment Monde Manden, Kaba de Batè et ses travaux sur la généalogie mandinka, constituent aujourd’hui une contribution précieuse au patrimoine historique et culturel de la Guinée et de l’Afrique de l’Ouest. « Il ne se contentait pas d’appartenir à l’histoire ; il l’écrivait pour que les générations futures ne perdent jamais le chemin de leurs racines », souligne Me Saïd Larifou dans sa déclaration.
Une onde de choc dans la communauté guinéenne
La disparition d’Elhadj Sékou Kaba suscite une vive émotion à Kankan, à Conakry et au sein de la diaspora africaine. Me Larifou a tenu à adresser ses « condoléances les plus émues » à la communauté guinéenne, saluant la mémoire d’« un prince de l’esprit et du cœur ».
Dans son message, il a également exprimé sa compassion à la famille du défunt, notamment à son épouse, Hadja Fanta Kaba, ainsi qu’à ses enfants : Alpha Kabinet Kaba, Souleymane Kaba, Sonassa Kaba, Ai Kaba et Noumso Kaba.
Un héritage appelé à durer
Au-delà de la douleur, Me Saïd Larifou invite les Africains à puiser dans l’héritage du disparu une source de fierté et d’inspiration. Pour lui, l’œuvre d’Elhadj Sékou Kaba constitue un repère durable pour les générations futures, à la croisée de la tradition, du savoir et du développement. « Que la terre de Guinée lui soit légère et que son âme repose en paix », conclut-il.
Avec la disparition d’Elhadj Sékou Kaba, l’Afrique perd l’un de ses serviteurs les plus discrets mais aussi les plus féconds — un homme qui, dans l’ombre, aura contribué à bâtir des ponts entre mémoire, savoir et progrès.




