Crise des hydrocarbures aux Comores : Saïd Larifou saisit la Cour suprême et réclame la transparence totale

Aux Comores, la flambée des prix des hydrocarbures continue d’alimenter une vive tension sociale et économique. Dans un communiqué officiel rendu public ce 15 mai 2025, Saïd Larifou annonce avoir engagé plusieurs procédures juridictionnelles devant la Chambre Administrative de la Cour Suprême de l’Union des Comores afin de contester l’augmentation des prix des carburants et d’exiger davantage de transparence dans la gestion de la Société Comorienne des Hydrocarbures.
Cette initiative intervient dans un climat social particulièrement tendu, marqué par la hausse du coût de la vie, les inquiétudes croissantes de la population et les interrogations autour de la gouvernance du secteur énergétique, considéré comme stratégique pour l’économie nationale.
Une offensive judiciaire contre la hausse des carburants
Dans son communiqué, Saïd Larifou précise avoir engagé plusieurs actions en justice visant directement les mesures gouvernementales liées aux hydrocarbures. Parmi les recours annoncés figurent : une requête en référé-suspension pour demander l’arrêt immédiat des mesures portant augmentation des prix des hydrocarbures ; une requête visant la communication de documents comptables, financiers et administratifs relatifs à la gestion de la Société Comorienne des Hydrocarbures ; un recours au fond en annulation du décret ayant entériné la hausse des prix. À travers cette démarche, le citoyen comorien affirme vouloir placer le débat sur le terrain du droit, de la transparence et de la reddition des comptes publics.
La gestion de la SCH au cœur des interrogations
Le communiqué met également en lumière les préoccupations suscitées par le rapport officiel de la Section des Comptes de la Cour Suprême concernant la gestion de la Société Comorienne des Hydrocarbures. Selon Saïd Larifou, les constats contenus dans ce rapport justifient pleinement l’ouverture d’un contrôle juridictionnel approfondi sur la gestion financière et administrative de cette société publique.
Dans un contexte où les prix des carburants impactent directement le transport, le commerce, les activités économiques et le quotidien des ménages, la question de la gouvernance énergétique devient un sujet hautement sensible aux Comores.
Transparence, bonne gouvernance et État de droit
Saïd Larifou insiste sur le fait que ses actions judiciaires reposent sur plusieurs principes fondamentaux, notamment : le respect de l’État de droit ; les exigences de transparence et de bonne gouvernance ; les principes de sincérité comptable et de reddition des comptes ; les normes de l’OHADA ; ainsi que les standards internationaux ISSAI relatifs au contrôle public.
Dans son message, il affirme que cette démarche ne relève ni d’une logique de confrontation politique ni d’une volonté de déstabilisation des institutions. Il présente plutôt son action comme une initiative républicaine destinée à défendre les intérêts des citoyens et à renforcer la confiance dans les institutions judiciaires.
Une crise sociale qui inquiète la population
La hausse des prix des hydrocarbures intervient dans une période déjà difficile pour de nombreux ménages comoriens. L’augmentation des coûts du transport et des produits de première nécessité accentue les tensions sociales et nourrit un sentiment d’inquiétude au sein de la population.
Face à cette situation, Saïd Larifou estime que les citoyens sont en droit d’exiger des explications claires sur la gestion des ressources publiques et sur les décisions administratives ayant un impact direct sur leurs conditions de vie.
Il rappelle également que le recours à la justice constitue, dans un État démocratique, une voie normale, pacifique et républicaine pour contester les décisions publiques jugées préjudiciables.
Un test pour les institutions comoriennes
Cette affaire pourrait désormais devenir un véritable test pour les institutions judiciaires et administratives des Comores. La réponse de la Chambre Administrative de la Cour Suprême sera particulièrement scrutée, aussi bien par l’opinion publique nationale que par les observateurs internationaux.
Au-delà de la question des hydrocarbures, ce dossier pose plus largement le débat sur la gouvernance publique, la transparence financière et la responsabilité des gestionnaires de l’État dans un contexte économique fragile.



