POLITIQUE

Du combat contre la persécution politique à l’exercice du pouvoir : le Sénégal au cœur d’un nouvel espoir africain

(Le premier congrès du PASTEF attire les regards du continent, tandis que Maître Saïd Larifou appelle à transformer la victoire politique en réussite démocratique)

Le Sénégal s’apprête à vivre un moment majeur de son histoire politique contemporaine. Le 6 juin 2026, le parti PASTEF – Les Patriotes tiendra à Dakar son tout premier Congrès national sous le thème : « Révolution et souveraineté : les chemins de la transformation du Sénégal ». Au-delà d’une simple rencontre partisane, cet événement s’annonce comme un rendez-vous politique d’envergure continentale, réunissant plusieurs personnalités africaines engagées dans la défense de la démocratie, de l’État de droit et de la souveraineté des peuples.

À quelques jours de cette rencontre, Maître Saïd Larifou, président du RIDJA-PACTEF des Comores et fondateur de l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance, a livré une déclaration forte dans laquelle il souligne la portée historique de ce congrès pour le Sénégal et pour l’Afrique tout entière.

Une invitation porteuse de symboles

Invité officiellement par le PASTEF, le RIDJA-PACTEF participera aux travaux du congrès à travers une délégation conduite par son président. Pour Maître Saïd Larifou, cette invitation constitue bien plus qu’un geste protocolaire. Elle symbolise la solidité des liens construits au fil des années entre les deux formations politiques, mais aussi une convergence de visions sur les défis auxquels l’Afrique est confrontée.

Selon lui, ce congrès marque l’aboutissement d’un parcours politique exceptionnel. Il rappelle qu’il y a encore peu de temps, le PASTEF, son leader Ousmane Sonko et ses militants faisaient face à une période particulièrement difficile marquée par des poursuites judiciaires, des tensions institutionnelles, des restrictions des libertés publiques et même la dissolution du parti.

À l’époque, nombreux étaient ceux qui considéraient que l’avenir politique du mouvement était définitivement compromis. Pourtant, estime-t-il, le peuple sénégalais a démontré que la souveraineté populaire demeure plus forte que toutes les tentatives visant à entraver son expression démocratique.

Une victoire qui dépasse le cadre sénégalais

Ancien avocat d’Ousmane Sonko, Maître Larifou rappelle avoir soutenu publiquement le combat démocratique du PASTEF au moment où celui-ci traversait l’adversité. Il évoque notamment la dynamique « PASTEF Africa », mise en place pour sensibiliser l’opinion africaine sur les enjeux démocratiques qui se jouaient alors au Sénégal.

À ses yeux, la crise sénégalaise dépassait largement le destin d’un homme ou d’un parti politique. Elle posait une question fondamentale pour l’ensemble du continent : les institutions africaines sont-elles capables de garantir l’égalité devant la loi, le pluralisme politique et le respect de la volonté populaire ?

L’évolution récente de la situation politique sénégalaise apporte, selon lui, une réponse encourageante. Mais cette victoire ouvre désormais une nouvelle étape, celle de l’exercice du pouvoir.

Le défi de la transformation

Pour le président du RIDJA-PACTEF, l’histoire africaine enseigne une leçon essentielle : conquérir le pouvoir n’est qu’une étape. Le véritable défi réside dans la capacité à transformer durablement l’État et à répondre aux attentes des populations.

Les citoyens africains, souligne-t-il, ne réclament pas seulement des alternances politiques. Ils attendent des résultats concrets : une justice impartiale, une gouvernance transparente, des institutions crédibles, une administration efficace, des opportunités économiques et un avenir prometteur pour la jeunesse.

Le Sénégal se trouve ainsi face à une responsabilité historique. Le pays doit démontrer qu’il est possible de concilier souveraineté nationale, démocratie, État de droit, justice sociale et développement économique. Il doit également prouver qu’une force politique arrivée au pouvoir peut rester fidèle aux idéaux qui ont nourri son combat.

Un laboratoire observé par toute l’Afrique

L’expérience sénégalaise est aujourd’hui suivie avec attention bien au-delà de ses frontières. Dans de nombreux pays africains, des millions de citoyens nourrissent les mêmes aspirations : davantage de justice, de transparence, de responsabilité publique et de respect des libertés fondamentales.

Pour Maître Larifou, le Sénégal dispose d’une occasion unique de démontrer qu’aucune fatalité ne condamne l’Afrique à l’instabilité, à l’arbitraire ou aux échecs démocratiques. Le succès de cette expérience pourrait devenir une source d’inspiration pour toute une génération d’Africains engagés dans la construction d’institutions plus solides et plus respectueuses des droits des citoyens.

La participation annoncée de plusieurs personnalités de premier plan, parmi lesquelles Martha Wangari Karua, figure emblématique de la défense de l’État de droit en Afrique, illustre d’ailleurs la dimension continentale de cette rencontre.

Pour une nouvelle architecture démocratique africaine

Dans sa déclaration, Maître Larifou met également en avant plusieurs initiatives panafricaines destinées à renforcer la gouvernance démocratique sur le continent. Il cite notamment l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance, la Conférence internationale de Dakar sur l’émergence du droit international africain prévue en décembre 2026, le projet de Haute Cour africaine des libertés et des élections, ainsi que le Pacte transatlantique Horizon 2050.

Selon lui, l’Afrique ne souffre ni d’un manque de talents, ni d’un déficit de ressources ou de vision. Son principal défi demeure la construction d’institutions capables de garantir durablement les libertés, la justice, la stabilité politique et le développement.

Un congrès aux enjeux historiques

Pour le RIDJA-PACTEF, le premier Congrès national du PASTEF représente ainsi bien plus qu’un rassemblement politique. Il constitue une plateforme de réflexion sur l’avenir démocratique de l’Afrique et sur les moyens de renforcer la coopération entre responsables politiques, juristes, intellectuels, élus, mouvements citoyens et jeunesse du continent.

En conclusion, Maître Saïd Larifou réaffirme une conviction qui guide son engagement : l’Afrique n’est pas condamnée à subir son destin. Elle possède les ressources humaines, intellectuelles et institutionnelles nécessaires pour écrire elle-même son avenir.

À Dakar, le 6 juin prochain, c’est donc bien plus qu’un congrès qui se prépare. Pour de nombreux observateurs, c’est une nouvelle page de l’histoire politique africaine qui pourrait s’ouvrir sous les regards attentifs du continent tout entier.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page