Crise post-électorale en Guinée-Bissau : l’Avocat international Me Saïd Larifou interpelle la CEDEAO pour une action « urgente et effective »
À travers une lettre ouverte adressée au Président en exercice de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO, Me Saïd Larifou, avocat du candidat bissau-guinéen Fernando Dias, alerte sur « la rupture grave et illégale de l’ordre constitutionnel » survenue le 26 novembre 2025 en Guinée-Bissau.

L’avocat, installé entre Paris et Moroni, dénonce « l’inaction » de l’organisation sous-régionale et demande une intervention rapide afin de préserver la crédibilité de la CEDEAO et le respect de son Protocole de 2001 sur la démocratie et la bonne gouvernance.
Une inquiétude grandissante face au silence de la CEDEAO
Dans sa lettre datée du 7 décembre 2025, Me Larifou rappelle le rôle historique de la CEDEAO dans la prévention des crises politiques en Afrique de l’Ouest, citant notamment son attitude « prompte et déterminée » lors de la récente tentative de déstabilisation au Bénin.
Cependant, il estime que l’attitude plus réservée de l’institution face aux évènements en Guinée-Bissau crée un sentiment de « deux poids, deux mesures » qui risque de « nuire gravement à la crédibilité » de la Communauté.
Un processus électoral brutalement interrompu
Selon Me Larifou, le coup de force militaire du 26 novembre constitue bien plus qu’une tentative anticonstitutionnelle de prise du pouvoir. Il s’agit, écrit-il, d’« un acte de violence dirigé contre l’expression démocratique du peuple bissau-guinéen », qui s’était rendu massivement aux urnes trois jours plus tôt, le 23 novembre.
Il évoque plusieurs éléments inquiétants : l’interruption brutale du décompte des voix, la destruction de matériel électoral et les indications selon lesquelles l’intervention militaire visait à empêcher la proclamation de résultats défavorables au pouvoir sortant.
Trois demandes clés adressées à la CEDEAO
Au nom de son client, le candidat Fernando Dias, l’avocat formule trois requêtes urgentes : Réaffirmer l’intégrité électorale : la CEDEAO est appelée à exiger la publication « immédiate et sans condition » des résultats provisoires issus des décomptes réalisés avant l’intervention militaire. Rétablir l’ordre constitutionnel : Me Larifou invite l’organisation à prendre toutes les mesures nécessaires — y compris des sanctions ciblées — pour contraindre les auteurs du coup de force à se retirer et permettre le retour des institutions légitimes. Libérer les détenus politiques : il réclame la libération « immédiate et inconditionnelle » de toutes les personnalités civiles, politiques et électorales arrêtées depuis le début de la crise.
Un appel à une action décisive
Pour l’avocat, la Guinée-Bissau « a trop souvent été marquée par l’instabilité militaire » pour que la CEDEAO se contente de mesures symboliques. Il estime que le contexte actuel impose une « action décisive » afin de garantir que la volonté du peuple bissau-guinéen soit respectée et que ne s’installe pas un précédent dangereux dans la région.
Me Larifou conclut en réaffirmant sa disponibilité à fournir toute information nécessaire dans le cadre d’une éventuelle médiation et appelle de ses vœux une réaction rapide et effective de l’organisation ouest-africaine.