Revêt de la FIPJP devant la CASB : El Hadj Idrissou Ibrahima, l’homme qu’on ne défie pas
(Claude Azéma l'a appris à ses dépens

Dans l’histoire des hommes qui marquent leur époque, certains parcours ne suivent pas les chemins initialement tracés. Destins inattendus, combats imprévus et victoires arrachées au prix de grands sacrifices forgent parfois des légendes. Celui d’El Hadj Idrissou Ibrahima appartient à cette catégorie.
À l’origine, il aurait pu embrasser une carrière politique ou devenir un grand promoteur sportif dans le football. Mais le hasard et la passion l’ont conduit vers un autre terrain : celui de la pétanque. Un choix qui allait transformer profondément le paysage des sports boules en Afrique.
Aujourd’hui, son nom est associé à une véritable épopée : celle d’un homme qui a cru en une discipline longtemps marginalisée sur le continent et qui a consacré son énergie, ses moyens et son réseau à lui donner une place dans les grandes instances internationales.
D’un désert institutionnel à une Afrique qui compte
Lorsque El Hadj Idrissou Ibrahima s’engage dans cette aventure, le constat est sans appel : la pétanque africaine manque de structures solides, d’organisation et de reconnaissance internationale. Il fallait donc bâtir. Créer des fondations. Donner une identité à une discipline qui peinait à s’imposer.
C’est dans cette logique qu’une dynamique de structuration est lancée avec la mise en place de cadres réglementaires, de textes fondateurs et d’une organisation plus moderne de la discipline. L’année 2007 marque un tournant majeur avec l’organisation à Cotonou de la première édition du championnat africain qualificatif. Un rendez-vous historique qui ouvre une nouvelle page pour la pétanque africaine.
Au fil des années, les compétitions africaines se multiplient, la participation aux grands rendez-vous internationaux devient une réalité et l’Afrique commence à faire entendre sa voix dans les débats du monde des sports boules. La tenue au Bénin d’une coupe du monde de pétanque illustre cette montée en puissance et la capacité du continent à accueillir les plus grands événements de la discipline.
Un combat diplomatique pour la reconnaissance
Cette ascension n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille. Derrière les succès se cachent de nombreux obstacles : résistances, incompréhensions, tensions institutionnelles et batailles de gouvernance. Dans cet environnement complexe, El Hadj Idrissou Ibrahima a souvent dû mener un véritable combat diplomatique pour défendre la place de l’Afrique.
Pour ses partisans, les nombreuses tentatives visant à fragiliser son leadership n’ont jamais réussi à atteindre leur objectif. Comme un roseau qui plie, mais ne rompt jamais il a continué à avancer malgré les difficultés. Les oppositions, les critiques et les luttes d’influence n’ont pas empêché la Confédération africaine des sports boules (CASB) de poursuivre son développement.
La victoire devant le Tribunal arbitral du sport, un tournant majeur
L’un des épisodes les plus marquants de cette bataille reste la victoire obtenue par la CASB devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) dans son différend avec la Fédération internationale de pétanque et jeu provençal (FIPJP). Cette décision est considérée par ses soutiens comme un moment historique dans la défense de l’autonomie et de la reconnaissance des structures africaines.
Elle vient, selon eux, consacrer une vision : celle d’un sport africain résilient, capable de défendre ses intérêts et de dialoguer d’égal à égal avec les grandes institutions internationales.
« Notre combat dépasse une personne »
Revenant sur son parcours, El Hadj Idrissou Ibrahima rappelle que son engagement n’a jamais été une affaire personnelle, mais une question de construction et de gouvernance sportive. « Lorsque nous avons commencé notre combat pour l’organisation et la structuration de la pétanque en Afrique, il n’existait pratiquement pas de cadre réglementaire solide. Il fallait poser les bases et créer une véritable architecture institutionnelle », explique-t-il.
Il souligne également que l’organisation des premières compétitions africaines a constitué une étape essentielle pour donner de la visibilité aux athlètes du continent. Pour lui, le développement de la pétanque africaine repose sur la discipline, la transparence et la capacité à travailler collectivement.
Une vision tournée vers l’avenir
Au-delà des querelles et des tensions qui peuvent parfois traverser les organisations sportives, El Hadj Idrissou Ibrahima estime que l’essentiel reste la construction d’une pétanque africaine forte, unie et respectée.
Son parcours témoigne d’une conviction : les grandes transformations naissent souvent de la persévérance de ceux qui acceptent de porter des combats difficiles.
Des années après ses premiers pas dans cet univers, son action continue de susciter admiration et débats. Mais une chose demeure : il aura contribué à écrire une nouvelle page de l’histoire des sports boules en Afrique. Une histoire où la volonté d’un homme a rencontré le destin d’un continent.




