INTERNATIONALPOLITIQUESOCIETE

Arrestations de Subsahariens au Caire : l’ONG WARABA D’AFRIQUE saisit l’Ambassade d’Égypte auprès de l’Union africaine

Arrestations de Subsahariens au Caire : l’ONG WARABA D’AFRIQUE saisit l’Ambassade d’Égypte auprès de l’Union africaine

L’ONG WARABA D’AFRIQUE, organisation humanitaire panafricaine déclarée à la Préfecture de Paris, tire la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante de ressortissants subsahariens vivant au Caire. Dans une correspondance officielle adressée, ce vendredi 13 février 2025, à l’Ambassadeur de la République arabe d’Égypte en Éthiopie, également Représentant permanent auprès de l’Union africaine, son président, Maître Said Larifou, appelle à une intervention urgente des autorités égyptiennes.

Des témoignages alarmants en provenance du Caire

Selon les informations relayées par l’organisation, plusieurs membres de la communauté subsaharienne au Caire, notamment des étudiants, des demandeurs d’asile et des personnes en situation de vulnérabilité médicale, feraient l’objet d’arrestations massives et de détentions jugées arbitraires.

D’après les témoignages recueillis, certaines personnes disposant pourtant de titres de séjour en cours de validité auraient également été concernées par ces opérations de ratissage systématique aux élans xénophobes. Plus préoccupant encore, des malades nécessitant un suivi médical auraient renoncé à se rendre à leurs rendez-vous par crainte d’être interpellés ou de représailles. Pour WARABA D’AFRIQUE, ces informations, si elles sont avérées, poseraient un sérieux problème de conformité avec les engagements internationaux de l’Égypte.

Le Caire, carrefour migratoire et universitaire africain

Capitale politique et culturelle du monde arabe et africain, Le Caire constitue depuis plusieurs décennies un pôle d’attraction pour de nombreux étudiants et migrants venus d’Afrique subsaharienne. Universités, centres médicaux spécialisés et institutions religieuses y accueillent chaque année des milliers de ressortissants africains. Cette présence s’inscrit dans une longue tradition de coopération entre l’Égypte et les pays du continent, notamment dans les domaines de l’éducation, de la formation religieuse et de la diplomatie.

Des engagements juridiques internationaux rappelés

Dans sa lettre, l’ONG cite plusieurs instruments juridiques internationaux et panafricains auxquels l’Égypte est partie : La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (articles 5, 6 et 12), qui prohibe les traitements inhumains ou dégradants, garantit le droit à la liberté et à la sécurité, et protège contre les expulsions massives. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (article 9), interdisant toute arrestation ou détention arbitraire. La Convention relative au statut des réfugiés, qui encadre la protection des personnes réfugiées et demandeuses d’asile.

Pour Maître Said Larifou, toute mesure coercitive indiscriminée visant des étrangers en situation régulière ou vulnérable irait à l’encontre de ces textes et porterait atteinte à l’image d’un pays historiquement engagé dans les causes africaines.

Un appel à l’intervention diplomatique

Dans sa correspondance datée du 13 février 2026, envoyée depuis Addis-Abeba où il participe aux préparatifs de la Conférence Dakar 2026 sur le Droit international africain, le président de WARABA D’AFRIQUE sollicite une action diplomatique rapide. Il demande notamment : la clarification du statut juridique des personnes actuellement détenues ; la libération immédiate des individus en situation régulière, des étudiants et des personnes nécessitant des soins médicaux urgents ; le respect de l’intégrité physique et morale de l’ensemble des ressortissants subsahariens, conformément aux engagements panafricains et internationaux.

L’ONG se dit également disposée à engager un dialogue formel avec les autorités diplomatiques égyptiennes afin d’identifier des voies de résolution « dignes et conformes à l’idéal de solidarité continentale ».

L’enjeu de la solidarité africaine

Au-delà de la situation humanitaire, cette affaire soulève un débat plus large sur la mobilité intra-africaine et la protection des migrants sur le continent. À l’heure où plusieurs initiatives plaident pour un renforcement du droit international africain et pour une intégration plus poussée entre États membres de l’Union africaine, les tensions migratoires internes interrogent la cohérence des engagements politiques.

L’Égypte, considérée comme un acteur majeur de la diplomatie africaine, est appelée à clarifier rapidement la situation afin d’éviter une crise diplomatique plus large et de préserver les liens historiques qui l’unissent aux pays subsahariens.

En attendant une réaction officielle des autorités égyptiennes, l’ONG WARABA D’AFRIQUE affirme maintenir sa vigilance et son engagement en faveur de la dignité et des droits fondamentaux des ressortissants africains, où qu’ils se trouvent sur le continent.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page