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Guinée-Bissau : un Livre blanc relance le débat sur la souveraineté populaire et interpelle la CEDEAO, l’Union africaine et l’ONU

 

Un rapport juridique international de 62 pages, dirigé par l’avocat Maître Saïd Larifou, remet au cœur de l’actualité la crise politique née de l’interruption du processus électoral présidentiel de novembre 2025 en Guinée-Bissau. Présenté comme une étude indépendante, le document plaide pour une restauration de l’État de droit et appelle les organisations régionales et internationales à jouer pleinement leur rôle afin de favoriser une sortie durable de crise.

La crise institutionnelle qui secoue la Guinée-Bissau continue d’alimenter les débats sur l’avenir démocratique du pays. Dans un Livre blanc intitulé « L’interruption du processus électoral en Guinée-Bissau : étude juridique sur l’empêchement de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle de novembre 2025 et la protection de la souveraineté populaire », l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance (IDIA-BG), sous la direction de Maître Saïd Larifou, propose une analyse juridique détaillée des événements ayant conduit à la crise actuelle.

Une analyse centrée sur la protection de la volonté populaire

Selon les auteurs du rapport, la crise ne résulterait pas du déroulement du scrutin lui-même, mais de l’interruption du processus électoral avant la proclamation officielle des résultats. Le Livre blanc soutient que les opérations de vote et les compilations régionales auraient été achevées, tandis que la centralisation nationale aurait été interrompue, soulevant des interrogations sur la continuité constitutionnelle et la protection de la souveraineté populaire.

Les rédacteurs rappellent que la démocratie ne se limite pas à l’organisation du vote. À leurs yeux, elle implique également que les suffrages exprimés soient régulièrement compilés, proclamés et protégés contre toute interruption contraire aux règles constitutionnelles et aux engagements internationaux.

Les procès-verbaux régionaux au cœur de l’argumentation

Une part importante du rapport est consacrée à la valeur juridique des procès-verbaux établis par les commissions électorales régionales. Le document estime que ces procès-verbaux constituent les preuves originales des résultats électoraux et que leur existence ne disparaîtrait pas du seul fait de l’interruption de la phase nationale de compilation.

Les auteurs soutiennent ainsi que ces documents pourraient, sous le contrôle des autorités judiciaires compétentes, servir de base à une éventuelle reconstitution du processus électoral, tout en précisant que cette appréciation relève des juridictions habilitées.

Un appel à la CEDEAO, à l’Union africaine et aux Nations unies

Le Livre blanc s’adresse également aux principales organisations internationales impliquées dans la promotion de la démocratie sur le continent. Il rappelle les engagements contenus dans le Protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance, la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, ainsi que les instruments des Nations unies relatifs aux droits politiques.

Les auteurs estiment que ces organisations disposent de mécanismes juridiques et diplomatiques susceptibles de contribuer à une résolution de la crise, notamment par des missions indépendantes d’établissement des faits, des médiations politiques et un accompagnement du dialogue national.

Le dialogue inclusif comme voie de sortie de crise

Au-delà des considérations juridiques, le rapport insiste sur la nécessité d’un dialogue politique associant les institutions de l’État, les partis politiques, la société civile, les autorités religieuses et traditionnelles, ainsi que les partenaires régionaux et internationaux.

Selon ses auteurs, une paix durable ne pourrait être obtenue uniquement par des mesures administratives ou sécuritaires. Elle passerait avant tout par la restauration de la confiance entre les citoyens et les institutions, dans le respect des principes de l’État de droit et de la souveraineté populaire.

Une contribution au débat démocratique

En conclusion, ce Livre blanc se présente comme une contribution au débat juridique et institutionnel autour de la crise bissau-guinéenne. Sans prétendre se substituer aux juridictions compétentes, il entend nourrir la réflexion sur les mécanismes de protection de la démocratie, la continuité des processus électoraux et le respect de la volonté populaire.

À travers cette publication, l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance plaide pour une solution fondée sur le droit, la transparence, le dialogue et la recherche de la vérité juridique, estimant que seule une telle approche permettra à la Guinée-Bissau de retrouver une stabilité politique durable et de renforcer la confiance dans ses institutions démocratiques.

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