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ARCHIPEL DES COMORES : Me Saïd Larifou plaide pour une nouvelle ère de dialogue et de coopération entre les territoires de l’océan Indien

(Au-delà du différend territorial, le président de l'IDIABG estime que les populations des Îles de l'Archipel des Comores partagent une histoire, une culture et des liens familiaux qu'il convient de préserver.)

Au cœur d’une vive polémique née de ses récentes prises de position sur les relations entre les Comores et Mayotte, l’avocat franco-comorien Me Saïd Larifou, président de l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance (IDIABG), livre sa vision d’un règlement durable d’un différend qui empoisonne les relations entre Moroni et Paris depuis plus d’un demi-siècle. Dans un entretien accordé au quotidien Flash Infos, il affirme ne pas vouloir raviver les tensions, mais plutôt ouvrir la voie à un dialogue responsable et constructif.

Une diplomatie de responsabilité plutôt que de confrontation

Face aux critiques formulées par plusieurs élus mahorais, Me Saïd Larifou insiste sur le sens de sa démarche. Selon lui, les postures politiques, les déclarations de principe et les affrontements verbaux entretenus depuis des décennies n’ont permis ni de résoudre le contentieux entre les Comores et Mayotte, ni d’améliorer durablement les conditions de vie des populations concernées.

L’avocat affirme défendre une approche reposant sur le droit international, la responsabilité politique, la coopération régionale et la prise en compte des intérêts des populations. Il estime qu’il est désormais temps de privilégier une diplomatie de confiance et de construction plutôt qu’une logique permanente de confrontation.

Une autocritique de la stratégie diplomatique comorienne

Interrogé sur l’efficacité des méthodes employées par les autorités comoriennes depuis 1975, Me Larifou reconnaît qu’il est indispensable d’évaluer objectivement les résultats obtenus. À ses yeux, les stratégies mises en œuvre jusqu’ici n’ont pas permis de rapprocher les positions des différentes parties.

Sans renoncer aux principes défendus par l’Union des Comores, il considère qu’une diplomatie moderne doit s’appuyer sur la consolidation de l’État de droit, de la démocratie, de la bonne gouvernance et du développement économique afin de gagner progressivement la confiance des populations concernées.

Le drame humain au centre des préoccupations

L’un des passages les plus marquants de l’entretien concerne les drames migratoires qui se déroulent depuis plusieurs décennies entre les différentes îles de l’archipel des Comores.

Me Saïd Larifou évoque avec gravité les milliers de vies perdues dans le bras de mer séparant les îles de l’archipel. Pour lui, cette tragédie ne saurait être exploitée à des fins politiques. Il estime qu’elle résulte d’un ensemble de facteurs économiques, sociaux, institutionnels et migratoires qui imposent une coopération renouvelée entre les territoires concernés, la France et les partenaires régionaux.

Il plaide ainsi pour des politiques communes visant à sauver des vies, offrir des perspectives à la jeunesse et construire un espace régional stable, prospère et solidaire.

Coopération régionale et paix durable

Au-delà du différend territorial, le président de l’IDIABG estime que les populations des îles de l’archipel des Comores partagent une histoire, une culture et des liens familiaux qu’il convient de préserver.

Selon lui, l’avenir passe par des coopérations concrètes dans plusieurs domaines stratégiques, notamment la sécurité maritime, la santé, l’environnement, l’économie, l’enseignement supérieur et les échanges de savoirs.

Pour Me Larifou, les jeunes générations ne doivent plus être prisonnières des antagonismes politiques hérités du passé. Il invite les dirigeants de la région à privilégier les initiatives favorisant le rapprochement des populations plutôt que les facteurs de division.

Une gouvernance exemplaire comme levier diplomatique

L’avocat franco-comorien défend également l’idée selon laquelle l’influence internationale des Comores dépendra avant tout de la qualité de ses institutions.

À ses yeux, une justice indépendante, des libertés publiques garanties, une administration transparente et une gouvernance efficace constituent les véritables fondements d’une diplomatie crédible.

Il estime que les Comores doivent davantage miser sur leur diaspora, leur potentiel économique, leur rayonnement universitaire et leur capacité d’initiative afin de renforcer leur position sur la scène internationale.

Le sport et la culture comme instruments de rapprochement

Questionné sur l’exclusion de Mayotte de certaines organisations régionales ainsi que sur la participation des sportifs mahorais aux compétitions, Me Saïd Larifou défend une approche résolument apaisée.

Selon lui, le sport, la culture et les échanges universitaires doivent constituer des espaces privilégiés de fraternité et de dialogue, capables de rapprocher durablement les populations malgré les différends politiques.

Une vision tournée vers l’avenir

En conclusion, Me Saïd Larifou affirme que son ambition n’est pas de faire triompher un camp contre un autre, mais de contribuer à l’émergence d’une nouvelle vision pour l’océan Indien.

Cette vision repose sur le respect du droit international, le renforcement des institutions démocratiques, la coopération régionale et la recherche permanente de solutions pacifiques. Pour lui, seule cette démarche permettra d’offrir aux générations futures un espace de paix, de prospérité et de confiance entre les populations de la région.

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