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COMORES : SAÏD LARIFOU INTERPELLE AZALI ASSOUMANI ET PLAIDE POUR UNE DIPLOMATIE AU SERVICE DU PEUPLE

(Coopération régionale, sécurité alimentaire, santé, emploi des jeunes et investissements : le président du RIDJA-PACTEF appelle à une politique étrangère comorienne davantage orientée vers des résultats concrets et mesurables.)

La diplomatie ne doit pas se limiter aux déplacements officiels, aux rencontres au sommet et aux distinctions honorifiques. Elle doit avant tout contribuer à améliorer les conditions de vie des citoyens. C’est le message central porté par Saïd Larifou, président du RIDJA-PACTEF, dans une tribune consacrée à l’orientation de la politique étrangère de l’Union des Comores. À travers une analyse critique de l’action diplomatique du président Azali Assoumani, il plaide pour une diplomatie pragmatique, axée sur les besoins essentiels de la population et soumise à une obligation de résultats.

Au-delà du prestige diplomatique, l’exigence de résultats

Pour Saïd Larifou, la réussite d’une politique étrangère ne saurait se mesurer uniquement à la visibilité internationale d’un chef d’État ou au nombre de rencontres diplomatiques auxquelles il participe. Elle doit surtout s’apprécier à l’aune des retombées concrètes pour les populations. Se nourrir convenablement, accéder à des soins de qualité, poursuivre des études, trouver un emploi, développer une activité économique et circuler dans des conditions dignes constituent, selon lui, les véritables indicateurs d’une diplomatie efficace.

C’est à partir de cette exigence que le responsable politique invite à évaluer la politique étrangère conduite par Azali Assoumani. Il estime que les engagements pris à l’occasion des visites officielles, des sommets internationaux et des accords de coopération doivent faire l’objet d’un suivi rigoureux. Les investissements annoncés ont-ils effectivement été réalisés ? Des emplois durables ont-ils été créés ? De nouveaux débouchés commerciaux ont-ils été ouverts aux producteurs comoriens ? Les étudiants, les malades et les entrepreneurs bénéficient-ils de facilités supplémentaires ? Autant d’interrogations auxquelles les autorités devraient, selon lui, apporter des réponses précises et documentées.

Dans cette perspective, Saïd Larifou met en garde contre une diplomatie de prestige qui ne se traduirait pas par des améliorations tangibles dans la vie quotidienne. Une cérémonie peut honorer un dirigeant, souligne-t-il en substance, mais elle ne constitue pas, à elle seule, un résultat pour le pays.

La présidence de l’Union africaine, une occasion à valoriser

L’exercice de la présidence de l’Union africaine par Azali Assoumani a représenté, aux yeux de Saïd Larifou, une occasion exceptionnelle de renforcer la visibilité des Comores, de faire connaître leurs priorités et de mobiliser des partenaires internationaux.

Cette responsabilité continentale aurait également pu favoriser la conclusion de partenariats, l’obtention de financements et la mise en place de programmes de coopération au bénéfice de l’archipel. Encore faudrait-il, insiste-t-il, que les retombées de cette expérience soient clairement établies.

Le président du RIDJA-PACTEF invite ainsi le gouvernement comorien à dresser un bilan public des projets obtenus, financés et effectivement réalisés, des entreprises ayant choisi de s’implanter durablement dans le pays et des institutions susceptibles d’y installer des programmes régionaux ou des centres de formation.

Il souhaite également que soient précisées les avancées enregistrées en matière de circulation des personnes, d’accès aux soins et de formation professionnelle.

Au-delà de cette expérience, il estime que les adhésions aux organisations internationales, les accords bilatéraux et les déclarations de coopération doivent être suivis jusqu’à leur mise en œuvre effective. Pour lui, la crédibilité de la diplomatie comorienne dépend autant de sa capacité à négocier que de son aptitude à transformer les engagements en réalisations vérifiables.

Faire du voisinage régional une priorité stratégique

Dans sa vision, l’avenir diplomatique des Comores passe également par une coopération plus structurée avec les pays d’Afrique de l’Est, d’Afrique australe et Madagascar.

Saïd Larifou considère que cet espace régional offre des possibilités importantes dans les domaines agricole, sanitaire, universitaire, professionnel et commercial. Il préconise donc une politique étrangère davantage tournée vers les partenariats de proximité, susceptibles d’apporter des réponses aux difficultés immédiates de la population.

Cette orientation suppose toutefois un travail diplomatique méthodique. La proximité géographique ne garantit pas automatiquement l’accès aux ressources ou aux marchés. Elle doit s’accompagner de négociations sur les conditions d’approvisionnement, les transports, les paiements, les conventions de coopération et leur suivi.

Les ambassades devraient ainsi recevoir des missions précises : identifier des partenaires fiables, faciliter les échanges, lever les obstacles administratifs et accompagner les projets jusqu’à leur réalisation.

L’enjeu est de faire des représentations diplomatiques de véritables instruments de développement, capables de rapprocher les opportunités régionales des besoins des entreprises, des producteurs et des familles comoriennes.

Sécurité alimentaire : réduire les vulnérabilités et soutenir la production locale

La sécurité alimentaire figure parmi les priorités défendues par Saïd Larifou. Dans un contexte où la question des approvisionnements constitue un enjeu essentiel pour les ménages, il estime que la diplomatie doit contribuer à sécuriser les importations tout en renforçant les capacités de production nationale.

Il préconise des partenariats avec les organisations agricoles, les coopératives, les instituts de recherche et les centres de formation de la région. Ces collaborations pourraient favoriser le transfert de compétences, l’amélioration des techniques culturales, le développement de l’irrigation et l’accès à des équipements adaptés.

L’effort ne devrait pas se limiter à la production. Le stockage, la conservation, la transformation et l’acheminement des produits vers les marchés doivent également faire partie des priorités.

L’objectif serait double : réduire les risques de pénurie et progresser vers une plus grande autonomie alimentaire. Une telle démarche permettrait, selon l’orientation défendue dans la tribune, de mieux protéger les consommateurs tout en soutenant les producteurs locaux.

La pêche mérite, elle aussi, une attention particulière. Saïd Larifou appelle à renforcer la formation des pêcheurs, leur sécurité en mer, l’accès aux équipements, la chaîne du froid et la valorisation locale des captures. Les accords de coopération devraient ainsi produire des bénéfices directs pour les professionnels du secteur et les familles qui en dépendent.

Santé : organiser la coopération médicale au bénéfice des familles

Autre axe majeur de cette diplomatie proposée : l’accès aux soins. Pour Saïd Larifou, lorsqu’un traitement ou une intervention médicale n’est pas disponible aux Comores, les familles ne devraient pas être abandonnées à elles-mêmes face aux difficultés administratives et financières liées aux déplacements à l’étranger.

Il plaide pour des conventions mieux structurées avec les hôpitaux et les cliniques des pays voisins. Ces accords devraient préciser les conditions d’admission des patients, les tarifs applicables, la transmission des dossiers médicaux et les modalités de suivi.

La simplification des démarches, la facilitation des visas pour les malades et leurs accompagnants, ainsi que l’identification d’interlocuteurs consulaires compétents constitueraient des mesures susceptibles d’améliorer rapidement les parcours de soins.

Mais la coopération sanitaire ne doit pas se limiter à l’évacuation des patients. Elle devrait également contribuer au renforcement du système de santé comorien grâce à la formation des professionnels, aux missions de spécialistes, aux échanges entre établissements et à la maintenance des équipements médicaux.

À terme, l’ambition serait de permettre à un nombre croissant de citoyens de bénéficier de soins de qualité sur leur propre territoire, tout en maintenant des solutions de prise en charge à l’étranger lorsque cela s’avère nécessaire.

Jeunesse et formation : transformer les partenariats en perspectives d’emploi

La jeunesse occupe également une place centrale dans les propositions du président du RIDJA-PACTEF. Il appelle à multiplier les partenariats avec les universités, les établissements techniques et les centres de formation professionnelle de la région.

Les bourses d’études, les stages et les programmes d’échanges devraient, selon lui, être construits à partir des besoins réels de l’économie comorienne et reposer sur des critères d’attribution transparents.

L’agriculture, la santé, la pêche, le bâtiment, l’énergie, les transports, le numérique et le tourisme figurent parmi les secteurs susceptibles d’orienter ces coopérations.

L’objectif est de préparer les jeunes à acquérir des compétences recherchées, à accéder à un emploi, à entreprendre et à participer activement au développement national. La reconnaissance des qualifications et les échanges entre enseignants et professionnels devraient également être encouragés.

Saïd Larifou insiste par ailleurs sur la nécessité d’améliorer l’accompagnement consulaire des étudiants comoriens à l’étranger. L’accès à des informations fiables, l’existence d’un interlocuteur clairement identifié et la mise en place de procédures d’assistance en cas de difficulté grave devraient constituer des garanties élémentaires.

Il préconise enfin que les engagements de l’État en matière de bourses soient suivis et que leur exécution puisse être publiquement évaluée.

Transports et mobilité : désenclaver l’archipel

Pour un pays insulaire, la question des transports revêt une importance particulière. La régularité et le coût des liaisons aériennes et maritimes influencent directement l’accès aux soins, les études, le commerce et les relations familiales.

Saïd Larifou souhaite donc que la diplomatie comorienne accorde une place centrale aux négociations relatives aux dessertes régionales. Les accords conclus devraient être évalués en fonction de leurs effets sur les voyageurs, les entreprises et l’approvisionnement du pays.

Il plaide également pour une amélioration des conditions de mobilité dans la région, notamment par la réduction des frais administratifs, la simplification des démarches et l’obtention de facilités de visa lorsque cela est possible.

Les étudiants, les malades et les entrepreneurs devraient bénéficier d’une attention particulière. Les droits de visite, d’études, de travail et d’établissement nécessitent, selon lui, des négociations spécifiques et un suivi régulier.

L’ambition est de faire de la mobilité un levier de développement économique et social plutôt qu’une contrainte supplémentaire pour les citoyens.

Diplomatie économique : des investissements aux emplois durables

Sur le terrain économique, Saïd Larifou appelle à dépasser la simple annonce des investissements. Un projet ne peut être considéré comme une réussite que lorsqu’il franchit les différentes étapes de sa concrétisation : financement, installation, démarrage des activités et création d’emplois.

Les représentations diplomatiques devraient travailler en étroite collaboration avec les administrations nationales afin d’accompagner les investisseurs et les entrepreneurs, depuis les premiers contacts jusqu’à la mise en œuvre des projets.

Cette ambition suppose également, à l’intérieur du pays, un environnement favorable aux affaires, caractérisé par des règles prévisibles, une justice crédible, des infrastructures adaptées et des procédures administratives efficaces.

La diaspora comorienne constitue, dans cette stratégie, un partenaire de premier plan. Ses compétences, ses réseaux et ses capacités d’initiative pourraient contribuer à développer des projets économiques, médicaux, universitaires et culturels.

Encore faut-il, estime le responsable politique, que les membres de cette diaspora disposent d’interlocuteurs fiables et de mécanismes d’accompagnement adaptés à leurs initiatives.

La coopération culturelle ne devrait pas non plus être négligée. Les accords conclus dans ce domaine pourraient favoriser la formation, les échanges artistiques, la circulation des œuvres et le rayonnement des créateurs comoriens.

Diversifier les partenariats sans perdre de vue la souveraineté nationale

Concernant les relations avec les grandes puissances et les partenaires traditionnels ou émergents, Saïd Larifou défend une approche fondée sur les intérêts durables des Comores.

Qu’il s’agisse de la Russie, de la France, de la Chine ou d’autres partenaires, les coopérations devraient être appréciées selon des critères identiques : nature des engagements, conditions financières, bénéficiaires, moyens mobilisés et conséquences sur les finances publiques.

Il estime que la diversification des relations internationales doit s’inscrire dans une stratégie nationale cohérente, sans compromettre la capacité de décision du pays.

La souveraineté ne se résume donc pas, dans cette approche, à la multiplication des relations diplomatiques. Elle suppose que les autorités rendent compte des engagements pris au nom de la nation et que les citoyens puissent en contrôler l’exécution.

Un bilan annuel public pour renforcer la transparence

Pour donner corps à cette vision, le président du RIDJA-PACTEF propose la publication annuelle d’un bilan de la politique étrangère comorienne. Ce document devrait présenter les dépenses diplomatiques, les accords conclus, les financements mobilisés, les projets réalisés, les investissements engagés, les bourses attribuées et les améliorations apportées aux services consulaires.

Il souhaite que ce bilan soit présenté au Parlement et rendu accessible au public. Chaque représentation diplomatique devrait également disposer d’objectifs précis, d’un calendrier de travail et de moyens adaptés à ses missions.

Les résultats obtenus, mais aussi les difficultés rencontrées, devraient pouvoir être examinés afin de renforcer la responsabilité des institutions et d’améliorer l’efficacité de l’action extérieure.

Cette proposition place la transparence et l’évaluation au cœur de la réforme diplomatique souhaitée. Elle vise à permettre aux citoyens de mieux comprendre les priorités internationales du pays et de mesurer les bénéfices réels des ressources consacrées à la diplomatie.

Pour une diplomatie jugée à l’aune du quotidien des Comoriens

Au terme de son argumentation, Saïd Larifou invite les autorités comoriennes à recentrer leur politique étrangère sur les besoins fondamentaux de la population. Nourrir les familles, améliorer l’accès aux soins, former la jeunesse, faciliter les déplacements et soutenir l’activité économique devraient constituer les principaux critères d’évaluation de l’action diplomatique.

Son plaidoyer pose ainsi une question essentielle de gouvernance : quelle valeur accorder au rayonnement international d’un pays si celui-ci ne se traduit pas par des progrès tangibles pour ses habitants ?

Sans remettre en cause le principe même des relations internationales, sa démarche appelle à une diplomatie plus opérationnelle, mieux coordonnée et davantage tournée vers les résultats.

Pour le président du RIDJA-PACTEF, l’efficacité de la politique étrangère des Comores doit finalement se mesurer non seulement aux engagements pris sur la scène internationale, mais surtout aux changements observables dans la vie quotidienne des citoyens. C’est sur cette base, soutient-il, que l’action internationale d’Azali Assoumani doit être appréciée.

Une diplomatie au service du peuple : derrière cette exigence, c’est toute la question de la responsabilité publique et de la traduction des engagements politiques en progrès sociaux et économiques qui se trouve posée.

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