Urgence humanitaire au Caire : Maître Saïd Larifou interpelle l’Égypte et l’Union africaine depuis Addis-Abeba

En marge de ses activités de plaidoyer pour la promotion d’un Droit international africain fort et cohérent, Maître Saïd Larifou, avocat international et figure politique comorienne, a lancé un appel pressant aux autorités de l’Égypte et à l’Union africaine. Il dénonce une vague de répression visant des ressortissants subsahariens, notamment comoriens, actuellement présents au Caire.
Arrestations massives et climat de peur au Caire
Selon des témoignages concordants relayés par des familles et des organisations communautaires, des arrestations massives auraient été opérées ces dernières semaines dans plusieurs quartiers du Caire. Étudiants inscrits dans des universités égyptiennes, malades en cours de traitement médical et même des personnes titulaires de titres de séjour réguliers figureraient parmi les personnes interpellées.
Les opérations, décrites comme brutales par certains proches, auraient créé un climat de peur au sein des communautés subsahariennes vivant dans la capitale égyptienne. Des cas de détentions prolongées sans communication claire sur les motifs d’arrestation sont également évoqués.
Une saisine officielle des autorités égyptiennes et africaines
Présent à Addis-Abeba, siège de l’Union africaine, Maître Saïd Larifou a annoncé avoir officiellement saisi l’ambassade de la République arabe d’Égypte en Éthiopie ainsi que la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP).
Dans ses correspondances, l’avocat évoque des violations présumées de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, instrument juridique ratifié par l’Égypte. Il rappelle que cette charte garantit notamment le respect de la dignité humaine, la protection contre les arrestations arbitraires et le droit à un traitement équitable. « On ne peut construire le Droit international africain que nous appelons de nos vœux pour Dakar 2026 si, dans le même temps, les droits les plus élémentaires de nos étudiants et de nos malades sont bafoués sur notre propre continent », a-t-il déclaré avec fermeté.
Un appel à la médiation urgente
Face à ce qu’il qualifie de situation humanitaire préoccupante, Maître Larifou formule trois demandes prioritaires : la libération immédiate des étudiants et des personnes en situation de détresse médicale ; la cessation des détentions arbitraires visant des ressortissants en situation régulière ; la mise en place d’une médiation urgente de l’Union africaine afin de garantir la sécurité et les droits des communautés subsahariennes en Égypte.
L’avocat, également président de l’ONG Waraba d’Afrique, insiste sur le rôle historique de l’Égypte dans la construction de l’unité africaine. Selon lui, le pays, considéré comme un pilier diplomatique du continent, se doit d’être exemplaire dans le traitement des citoyens africains, en conformité avec les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Une mobilisation suivie de près
Installé à Addis-Abeba, Maître Saïd Larifou affirme suivre l’évolution de la situation « heure par heure », en lien direct avec les familles des personnes interpellées et les victimes présumées. Il appelle à une solidarité africaine active et à une réponse institutionnelle rapide pour éviter que la situation ne dégénère davantage.
Alors que l’Afrique s’interroge sur la consolidation d’un véritable droit international africain et sur la protection effective des libertés fondamentales, cette affaire pourrait constituer un test majeur pour les mécanismes continentaux de défense des droits humains.



