Crise humanitaire autour d’Ahmed Abdallah Mohamed Sambi : un institut africain lance un appel international pour préserver la vie et l’État de droit

L’ancien président de l’Union des Comores, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, se retrouve une nouvelle fois au cœur du débat international sur les droits humains, la justice et la gouvernance démocratique en Afrique. À travers une tribune rendue publique à l’occasion des rencontres internationales organisées aux États-Unis dans le cadre de l’« Africa Day 2026 », l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance tire la sonnette d’alarme sur la situation sanitaire et humanitaire de l’ancien dirigeant comorien, appelant à une réponse urgente, apaisée et respectueuse de la dignité humaine.
Un plaidoyer fondé sur l’urgence humanitaire
Dans cette déclaration à forte portée juridique et morale, l’Institut affirme agir sans motivation politique ni alignement partisan, privilégiant exclusivement une lecture fondée sur les principes universels des droits humains. Pour l’organisation, la question centrale dépasse désormais les clivages politiques internes aux Comores : il s’agit avant tout de préserver une vie humaine et de garantir les droits fondamentaux d’un ancien chef d’État dont la santé susciterait de vives inquiétudes.
Selon les auteurs de la tribune, tout détenu, qu’il soit ancien président, opposant politique ou simple citoyen, conserve des droits inaliénables, notamment le droit à la vie, à la santé, à la dignité et à une protection contre tout traitement inhumain ou dégradant.
L’Institut rappelle ainsi que les standards internationaux imposent aux États des obligations précises en matière de protection des détenus, notamment lorsque leur état sanitaire exige des soins spécialisés.
Une référence aux instruments internationaux de protection des droits humains
Pour étayer sa position, l’organisation invoque plusieurs instruments juridiques internationaux et africains considérés comme des piliers de la protection des libertés fondamentales. Parmi eux figurent la Organisation des Nations unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention contre la torture, les Règles Mandela relatives au traitement des détenus, ainsi que la Union africaine et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
L’objectif, explique l’Institut, est de rappeler qu’un État fort ne se définit pas seulement par sa capacité à faire respecter l’ordre public ou les décisions judiciaires, mais aussi par sa faculté à préserver l’humanité et la dignité dans des contextes politiquement sensibles.
Des préoccupations persistantes sur la détention et la santé de Sambi »
Au cœur de cette prise de position figure la durée prolongée de détention de l’ancien président comorien ainsi que les inquiétudes entourant son état de santé. La tribune mentionne des préoccupations exprimées au fil des années concernant les conditions de détention et la prise en charge médicale de l’ex-chef d’État.
L’Institut fait également référence à des informations publiques évoquant une ordonnance judiciaire autorisant une évacuation sanitaire spécialisée à l’étranger, laquelle n’aurait pas été exécutée.
Sans remettre explicitement en cause les institutions comoriennes ni les procédures judiciaires engagées, les rédacteurs plaident pour une solution humanitaire immédiate consistant à permettre à l’ancien président de bénéficier d’une prise en charge médicale adaptée dans un pays disposant d’un plateau technique spécialisé.
Entre souveraineté nationale et impératif human it aide
L’un des axes majeurs de cette tribune réside dans la recherche d’un équilibre entre respect de la souveraineté étatique et impératif humanitaire.
Pour l’Institut, autoriser une évacuation sanitaire de l’ancien président ne constituerait ni une atteinte à la souveraineté des Comores ni une remise en cause des institutions judiciaires nationales. Une telle décision serait plutôt interprétée comme un acte de responsabilité politique, de sagesse institutionnelle et d’humanité.
Les auteurs du texte estiment d’ailleurs que l’Afrique contemporaine doit démontrer sa capacité à conjuguer stabilité politique, indépendance judiciaire, souveraineté nationale et respect effectif de la dignité humaine.
Un appel à la mobilisation continentale et internationale
Dans une démarche présentée comme panafricaine, l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance appelle les autorités comoriennes, les institutions africaines et internationales, les organisations de défense des droits humains, les responsables religieux ainsi que les acteurs engagés pour la paix civile à soutenir une solution humanitaire urgente.
L’organisation insiste sur un message qu’elle considère fondamental : protéger une vie humaine et garantir un accès adéquat aux soins médicaux ne sauraient être perçus comme une faiblesse de l’État. Bien au contraire, cela constituerait, selon elle, l’expression la plus élevée d’une civilisation politique, juridique et morale respectueuse de l’humain.
À travers cette tribune publiée dans le cadre de l’« Africa Day 2026 », le dossier Sambi retrouve ainsi une résonance internationale, posant une question devenue centrale pour de nombreux observateurs du continent : jusqu’où un État peut-il concilier fermeté institutionnelle et exigence humanitaire sans fragiliser l’État de droit ?



