POLITIQUE

Procès du Dr Kizza Besigye : la défense obtient un revers du parquet à Kampala, la bataille judiciaire se poursuit

Une nouvelle audience sous haute tension en Ouganda)

 

Le dossier judiciaire impliquant le Dr Kizza Besigye continue de cristalliser les attentions en Ouganda. Une nouvelle audience tenue ce jeudi 28 mai 2026 à Kampala a marqué une étape importante dans cette procédure sensible mêlant enjeux judiciaires, droits humains et tensions politiques.

Présent dans la capitale ougandaise aux côtés de l’équipe internationale de défense, Me Said Larifou, président de l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance, a rendu public un communiqué détaillant les principaux développements intervenus devant la juridiction saisie du dossier.

L’audience était consacrée à l’examen d’une requête introduite par le ministère public dans le cadre des poursuites engagées contre le Dr Kizza Besigye pour tentative présumée d’atteinte à la sûreté de l’État.

Le parquet retire sa propre requête

Selon Me Said Larifou, le ministère public sollicitait initialement l’autorisation d’expurger les noms de six témoins figurant dans la procédure. Une demande que la défense considérait comme « mal fondée et dépourvue de mérite ».

Au cours des débats, le parquet a finalement choisi de retirer sa propre requête, une décision qui apparaît comme un recul notable dans cette phase du procès.

La défense, conduite notamment par Me Martha Karua, Senior Counsel reconnue sur le continent africain, ne s’est pas opposée à ce retrait, estimant depuis le départ que cette initiative procédurale ne reposait sur aucune base suffisamment solide.

La juridiction a autorisé ce retrait, tout en rejetant la demande de condamnation aux dépens formulée par les avocats de la défense.

Une quatrième demande de liberté sous caution toujours en attente

L’autre point majeur de cette audience concerne la situation de détention du Dr Kizza Besigye. La défense a officiellement demandé qu’une date soit fixée pour l’examen de sa quatrième demande de mise en liberté sous caution.

À ce stade, cette requête demeure pendante, laissant planer l’incertitude sur une éventuelle remise en liberté de l’opposant ougandais.

Fait particulièrement important pour la suite de la procédure : la Cour a ordonné au ministère public de communiquer l’intégralité de ses éléments de preuve au plus tard le 29 mai 2026. Une décision considérée par plusieurs observateurs comme essentielle au respect du principe du contradictoire et des droits de la défense. Les parties sont désormais renvoyées à l’audience du 1er juin 2026.

Une affaire à forte dimension politique et internationale

Le Dr Kizza Besigye demeure détenu depuis le 16 novembre 2024, après avoir été enlevé à Nairobi avant d’être transféré à Kampala. Initialement présenté devant une juridiction militaire, son dossier avait ensuite été renvoyé devant les juridictions civiles ougandaises.

Figure historique de l’opposition ougandaise, Kizza Besigye reste l’un des principaux adversaires politiques du pouvoir en place depuis plusieurs années. Son arrestation et les conditions de son transfert avaient déjà suscité de nombreuses réactions dans les milieux politiques, diplomatiques et de défense des droits humains.

Dans son communiqué, Me Said Larifou insiste sur la nécessité de préserver les garanties fondamentales d’un procès équitable, indépendamment des sensibilités politiques entourant cette affaire. « Le respect des droits de la défense, du contradictoire, de la transparence procédurale et du procès équitable constitue une exigence fondamentale reconnue par les instruments africains et internationaux de protection des droits humains », souligne-t-il.

Un plaidoyer pour l’État de droit en Afrique

Pour Me Said Larifou, présent à Kampala pour la quatrième fois dans le cadre de cette affaire, cette mobilisation dépasse le seul cas du Dr Kizza Besigye. Elle s’inscrit dans un combat plus large pour le renforcement de l’État de droit et l’indépendance de la justice sur le continent africain.

Le président de l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance estime que l’Afrique doit poursuivre les efforts visant à consolider des institutions judiciaires capables de garantir des procédures transparentes, équilibrées et conformes aux standards universels du droit, y compris dans les dossiers politiquement sensibles.

À mesure que le procès avance, cette affaire continue d’être suivie de près par les organisations de défense des droits humains, les observateurs internationaux et plusieurs acteurs de la société civile africaine, qui y voient un test majeur pour la crédibilité des institutions judiciaires ougandaises.

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