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Guinée-Bissau : une procédure judiciaire contre Domingos Simões Pereira ravive les inquiétudes sur l’avenir de la démocratie

(L'Institut du Droit International Africain appelle la CEDEAO et la communauté internationale à une vigilance accrue)

Le climat politique en Guinée-Bissau connaît une nouvelle montée de tension. L’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance (IDIA-BG), basé à Dakar, a publié, ce 8 juillet 2026, un communiqué officiel exprimant sa profonde préoccupation face à l’ouverture d’une procédure judiciaire visant Domingos Simões Pereira, ancien Premier ministre, ancien président de l’Assemblée nationale populaire et président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).

Pour cette institution indépendante spécialisée dans la promotion de l’État de droit et de la bonne gouvernance en Afrique, cette procédure intervient dans un contexte politique particulièrement sensible et risque de fragiliser davantage les fondements démocratiques du pays.

Un contexte institutionnel explosif

Selon l’IDIA-BG, cette affaire ne peut être dissociée de la crise politique que traverse actuellement la Guinée-Bissau. L’organisation rappelle que le pays est confronté à une succession d’événements majeurs : l’interruption du processus électoral de novembre 2025, qualifiée de « coup d’État électoral et militaire », l’arrestation de Domingos Simões Pereira, la tentative d’interpellation de Dias Fernando da Costa — présenté comme président élu —, son exil à l’ambassade du Nigeria, ainsi que l’annonce récente d’un référendum constitutionnel par les autorités militaires en vue de remplacer la Constitution en vigueur.

À cela s’ajoute la préparation de nouvelles échéances électorales, dans un environnement marqué par une forte instabilité politique.

L’État de droit mis à l’épreuve

Sans se prononcer sur le fond du dossier judiciaire, l’Institut estime que la concomitance entre cette procédure pénale, le projet de référendum constitutionnel et les futures élections soulève de sérieuses interrogations quant au respect des principes démocratiques.

L’IDIA-BG rappelle que la Constitution bissau-guinéenne demeure le fondement légal de l’État tant qu’elle n’a pas été modifiée conformément aux dispositions constitutionnelles prévues. L’organisation insiste également sur le fait que les poursuites engagées contre un dirigeant de l’opposition dans un contexte aussi délicat doivent répondre aux exigences les plus élevées en matière d’indépendance de la justice, de nécessité, de proportionnalité et de respect du pluralisme politique.

Par ailleurs, l’Institut souligne que les accusations portées contre Domingos Simões Pereira sont fermement contestées par sa défense, laquelle affirme qu’elles reposeraient essentiellement sur des déclarations contestées, sans preuves matérielles indépendantes suffisamment établies.

Un appel au respect des engagements internationaux

Dans son communiqué, l’IDIA-BG invoque plusieurs instruments juridiques internationaux auxquels la Guinée-Bissau est partie, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, le Protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que la Charte des Nations Unies.

L’organisation rappelle que la démocratie ne se limite pas à la tenue d’élections périodiques. Elle suppose également que tous les acteurs politiques puissent exercer librement leurs activités, participer au débat public et concourir aux élections dans des conditions d’égalité, de sécurité juridique et de liberté.

La CEDEAO interpellée

L’Institut adresse un message clair à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il rappelle que l’organisation régionale porte une responsabilité particulière dans la préservation de l’ordre constitutionnel et de la démocratie au sein de l’espace communautaire.

Selon l’IDIA-BG, toute absence de réaction ou tout manque de vigilance de la CEDEAO face à une situation susceptible de porter atteinte aux libertés politiques risquerait d’affaiblir la crédibilité des engagements démocratiques pris par les États membres.

L’organisation invite ainsi la Commission de la CEDEAO, le Conseil de médiation et de sécurité, l’Union africaine, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, les Nations Unies ainsi que l’ensemble des partenaires internationaux de la Guinée-Bissau à suivre de très près l’évolution de cette procédure.

Préserver la paix et la confiance des citoyens

En conclusion, l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance réaffirme que la stabilité politique durable ne peut être garantie que par le respect scrupuleux de l’État de droit, de l’indépendance de la justice, du pluralisme politique et de la volonté souveraine du peuple.

Alors que la Guinée-Bissau s’engage dans une nouvelle phase décisive de son histoire politique, cette prise de position de l’IDIA-BG vient rappeler que la crédibilité des futures réformes et des prochaines élections dépendra avant tout du respect des principes démocratiques et des garanties offertes à l’ensemble des acteurs politiques.

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