25 ans au service de la boxe : Prince Rombo Togbahoun dresse un bilan sans concession et appelle à une refondation du noble art béninois
Le président d'Aigle Royal Boxing Club revient sur la levée de sa suspension par la FEBEBOXE, dénonce les dérives du système et réaffirme son engagement en faveur de la jeunesse.)

Après un quart de siècle consacré à la promotion de la boxe au Bénin et sur le continent africain, Prince Rombo Togbahoun, président d’Aigle Royal Boxing Club, a décidé de sortir de son silence. Entre bilan de son parcours, regard critique sur la gouvernance de la discipline et appel à une profonde réforme, le dirigeant sportif livre un témoignage empreint de passion, de regrets, mais aussi d’espoir pour l’avenir du noble art.
Selon lui, la récente levée de la sanction prononcée par la Fédération béninoise de boxe (FEBEBOXE) marque une nouvelle étape de son engagement. Sans nourrir de rancœur, il estime que le temps finit toujours par rétablir la vérité. « Je remercie Dieu de m’avoir donné la santé et la force de continuer à servir la boxe », affirme-t-il, convaincu que seule la persévérance permet de surmonter les épreuves.
Un engagement de 25 ans au service des jeunes
Installé en France mais profondément attaché à son pays d’origine, Prince Rombo Togbahoun rappelle qu’il consacre depuis vingt-cinq ans une partie importante de son temps et de ses ressources personnelles au développement de la boxe béninoise et africaine.
Il évoque notamment son implication dans plusieurs compétitions internationales, dont le Gala France-Afrique, ainsi que son accompagnement de nombreux boxeurs béninois dans leur parcours sportif pour une carrière professionnelle. Pour lui, ces années d’engagement marquées par des investissements financiers assez colossaux ont permis de révéler des talents qui ont porté les couleurs du Bénin sur les scènes continentales et internationales.
Le président d’Aigle Royal Boxing Club regrette cependant que plusieurs athlètes ayant contribué au rayonnement du pays aient été abandonnés après leurs performances. Il cite le cas de boxeurs ayant participé aux qualifications pour les grandes compétitions internationales, notamment les JO de Londres en 2014, mais qui, selon lui, n’ont bénéficié d’aucun accompagnement durable.
Des critiques sévères contre la gouvernance de la boxe béninoise
Prince Rombo Togbahoun ne cache pas sa déception face à la situation actuelle de la boxe nationale. Il estime que les intérêts personnels prennent trop souvent le dessus sur la mission première qui devrait être la formation et la protection des jeunes sportifs. Selon lui, les dirigeants fédéraux ainsi que certains responsables de clubs devraient davantage placer la jeunesse au centre de leurs préoccupations.
L’un des points qui l’indigne particulièrement concerne l’organisation des championnats nationaux. Il affirme qu’aucune compétition ne devrait être organisée sans une couverture d’assurance garantissant la sécurité des boxeurs.
À ses yeux, la protection des athlètes constitue une obligation fondamentale. Il invite d’ailleurs les responsables concernés à faire preuve de transparence sur cette question, estimant que la sécurité des jeunes ne saurait être négligée.
Des investissements personnels importants pour les jeunes boxeurs
Malgré les difficultés rencontrées, Prince Rombo Togbahoun assure n’avoir jamais cessé d’investir dans la formation des jeunes.
Il révèle avoir financé, sur ses propres moyens, plusieurs stages et séjours sportifs au Ghana afin d’offrir une meilleure préparation à de jeunes boxeurs béninois. Il explique avoir pris en charge leur hébergement, leur participation aux compétitions ainsi que leurs frais de subsistance pendant plusieurs mois.
Ces investissements, qui représentent plusieurs millions de francs CFA, illustrent selon lui son attachement au développement de la jeunesse béninoise. Même si certaines initiatives n’ont pas produit les résultats espérés, il affirme ne nourrir aucun regret. « J’ai dépensé énormément d’argent pour la jeunesse béninoise. Je continuerai à contribuer au développement de la boxe tant que Dieu me donnera la santé », déclare-t-il.
Une vision tournée vers l’avenir
Aujourd’hui, Prince Rombo Togbahoun indique poursuivre son travail auprès de boxeurs de plusieurs pays africains ainsi que de jeunes talents béninois évoluant à l’étranger.
Il insiste sur le fait que son combat ne vise ni un intérêt personnel ni une quelconque revanche, mais exclusivement le développement de la discipline.
Tout en lançant un appel au ministère des Sports et aux autorités compétentes pour une meilleure gouvernance du secteur, il estime que la boxe béninoise dispose d’un immense potentiel qui ne demande qu’à être mieux encadré.
Fidèle à ses convictions, il préfère laisser le jugement au temps. « Le temps révélera la vérité », affirme-t-il, avant d’adresser un message de paix à l’ensemble des acteurs de la famille de la boxe.
En conclusion, Prince Rombo Togbahoun renouvelle son souhait de voir émerger une boxe béninoise plus professionnelle, mieux organisée et véritablement tournée vers l’épanouissement des jeunes athlètes, convaincu que seul un engagement sincère permettra au noble art de retrouver toute sa grandeur au Bénin.



