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Guinée-Bissau : l’avocat Saïd Larifou dénonce des « persécutions » contre Domingos Simões Pereira et annonce une riposte judiciaire

 

Le bras de fer entre le pouvoir en Guinée-Bissau et l’ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira prend une nouvelle tournure. Dans un entretien exclusif, Me Saïd Larifou, membre du collectif d’avocats chargé de la défense de l’opposant, affirme que son client est victime de graves violations de ses droits fondamentaux depuis novembre 2025. L’avocat évoque une détention arbitraire, un harcèlement militaire permanent et une procédure judiciaire qu’il qualifie d’« illégale », tout en annonçant la poursuite des actions devant les juridictions nationales, avec la possibilité d’un recours aux instances régionales et internationales.

Selon Me Saïd Larifou, Domingos Simões Pereira fait preuve d’un calme remarquable malgré les épreuves qu’il traverse. L’ancien Premier ministre et figure majeure de l’opposition bissau-guinéenne resterait, selon son avocat, convaincu de son engagement politique et de sa vision pour l’avenir de son pays et du continent africain. « C’est un homme d’État calme, déterminé et combatif. Il garde une grande sérénité malgré tout ce qu’il subit », affirme Me Saïd Larifou.»

Une liberté que la défense juge « fictive »

L’un des principaux griefs soulevés par l’avocat concerne les conditions dans lesquelles son client aurait été placé après sa sortie de la maison d’arrêt. Contrairement à ce qui pouvait laisser croire à une remise en liberté, Me Larifou soutient que Domingos Simões Pereira demeurait en réalité sous une surveillance militaire constante.

Selon lui, la résidence de l’opposant était encerclée jour et nuit par des éléments des forces armées, l’empêchant de recevoir librement des visiteurs ou de mener une vie normale. « Il n’était absolument pas libre. Il a simplement changé de lieu de détention », dénonce l’avocat, qui estime que cette situation constitue une privation de liberté déguisée.

Une nouvelle interpellation contestée

Le collectif de défense affirme également que les événements ayant conduit à la nouvelle arrestation de Domingos Simões Pereira soulèvent de nombreuses interrogations.

D’après Me Larifou, son client avait reçu une convocation à comparaître devant un tribunal et se préparait à s’y rendre dans le respect de la procédure judiciaire. C’est à ce moment précis, explique-t-il, que des militaires seraient intervenus à son domicile pour l’emmener, sans permettre le déroulement normal de la procédure.

Pour la défense, cette intervention illustre l’absence d’indépendance de la procédure engagée contre l’opposant.

« Ses droits n’ont jamais été respectés »

Me Saïd Larifou se montre particulièrement sévère concernant le traitement réservé à son client depuis le début de l’affaire.

Il affirme que Domingos Simões Pereira n’aurait jamais reçu de notification officielle précisant les motifs de son arrestation, contrairement aux garanties prévues par les principes fondamentaux du droit.

L’avocat dénonce également ce qu’il présente comme la fabrication de témoignages destinés à justifier les poursuites engagées contre son client.

Pour le collectif de défense, ces éléments remettent en cause la crédibilité de la procédure et renforcent les inquiétudes quant au respect de l’État de droit en Guinée-Bissau.

Une mobilisation judiciaire sur plusieurs fronts

Malgré ce contexte, Me Larifou assure que les avocats restent pleinement mobilisés. Il souligne que la défense s’organise à deux niveaux : une équipe d’avocats basée en Guinée-Bissau poursuit les procédures devant les juridictions nationales, tandis que le collectif international accompagne le dossier sur les plans juridique, diplomatique et médiatique. « Nous sommes convaincus que, malgré tous les obstacles, le droit finira par triompher », affirme-t-il.

Des recours régionaux et internationaux envisagés

Interrogé sur une éventuelle saisine des juridictions internationales, Me Saïd Larifou n’exclut aucune option. Il évoque notamment la possibilité de recourir aux mécanismes de la CEDEAO ainsi qu’à d’autres institutions régionales ou internationales compétentes en matière de protection des droits humains.

Toutefois, il insiste sur le fait que la priorité demeure, dans l’immédiat, les actions engagées devant les juridictions nationales par des citoyens et des avocats bissau-guinéens.

Selon lui, cette mobilisation interne constitue un signal fort de l’attachement d’une partie de la société civile aux principes de justice et d’État de droit.

Une affaire aux répercussions politiques

Au-delà du cas personnel de Domingos Simões Pereira, cette affaire continue d’alimenter le débat sur le climat politique et judiciaire en Guinée-Bissau. Les accusations formulées par la défense relancent les interrogations sur le respect des libertés publiques, l’indépendance de la justice et les garanties offertes aux acteurs politiques dans le pays.

Alors que le collectif d’avocats poursuit son combat sur le terrain judiciaire, l’évolution de ce dossier sera suivie de près aussi bien par les acteurs politiques nationaux que par les organisations régionales et internationales, tant ses implications dépassent désormais le seul cadre d’une procédure pénale pour toucher aux enjeux de gouvernance démocratique et de protection des droits fondamentaux.

À ce stade, les accusations relayées par Me Saïd Larifou représentent la position de la défense de Domingos Simões Pereira. Les autorités bissau-guinéennes n’ont pas été présentées dans ce texte comme ayant répondu à ces allégations.

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