Tchad : Succès Masra libéré, l’IDIA-BG de Me Saïd Larifou apprécie

Tchad : Succès Masra libéré, l’IDIA-BG de Me Saïd Larifou apprécie
Après plusieurs mois d’épreuves judiciaires et humaines, l’ancien Premier ministre et président des Transformateurs, Succès Masra, retrouve la liberté. Une décision saluée par son avocat, Me Saïd Larifou, qui y voit un possible tournant vers le dialogue politique, la réconciliation nationale et la consolidation de l’État de droit au Tchad.
Une nouvelle page pourrait-elle s’ouvrir dans le paysage politique tchadien ? La décision du président de la République du Tchad, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, d’accorder une grâce présidentielle à Succès Masra marque en tout cas un événement politique et judiciaire majeur. L’ancien Premier ministre, président du parti Les Transformateurs, retrouve ainsi sa liberté après avoir traversé plusieurs mois d’épreuves judiciaires.
Dans un communiqué officiel rendu public ce 14 août 2026 depuis Paris, Me Saïd Larifou, avocat de Succès Masra et président de l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance (IDIA-BG), a exprimé sa « profonde satisfaction » face à cette décision présidentielle. Pour l’avocat, cette grâce permet à son client de retrouver sa liberté, mais elle pourrait également constituer un signal politique important pour l’avenir du pays.
Une décision saluée comme un acte d’apaisement
Au-delà de sa portée juridique et individuelle, Me Saïd Larifou considère la grâce présidentielle comme une possible opportunité d’apaisement dans un contexte politique marqué par de profondes divergences. Selon lui, la décision du chef de l’État peut être interprétée comme un geste susceptible de favoriser le dialogue national.
La défense de Succès Masra rappelle toutefois que cette libération ne met pas nécessairement un terme aux interrogations soulevées par les circonstances ayant entouré son arrestation, son jugement et sa condamnation. Elle maintient son attachement aux principes de l’État de droit, aux droits de la défense, à l’indépendance de la justice, au procès équitable et à la protection des libertés fondamentales.
Pour l’avocat, l’enjeu dépasse désormais le seul cas de son client. La libération de Succès Masra peut, estime-t-il, devenir le point de départ d’une nouvelle séquence politique au Tchad, dans laquelle les différends seraient davantage portés sur le terrain des idées, du débat démocratique et du suffrage des citoyens.
Le pari du dialogue politique
Dans son communiqué, Me Larifou insiste sur la nécessité de préserver le pluralisme politique et de permettre aux divergences de s’exprimer dans le respect des institutions et des libertés publiques.
Il estime que la justice doit demeurer un garant des droits et des libertés et que son indépendance et son impartialité sont essentielles pour restaurer et consolider la confiance des citoyens envers les institutions de la République.
« Le Tchad a besoin de toutes ses forces politiques, sociales, intellectuelles et citoyennes », soutient l’avocat, pour qui aucun avenir durable ne peut être construit dans l’exclusion permanente ou la marginalisation d’une partie de la communauté nationale.
Cette vision place la libération de Succès Masra dans une perspective plus large : celle d’un possible réchauffement du climat politique tchadien. Me Saïd Larifou appelle ainsi de ses vœux une nouvelle séquence fondée sur l’apaisement, le dialogue politique, la réconciliation nationale et la consolidation de l’État de droit.
Une mobilisation au-delà des frontières
L’avocat n’a pas manqué de rendre hommage aux nombreuses personnes qui, au Tchad comme à l’étranger, se sont mobilisées en faveur de la liberté de Succès Masra.
Avocats, responsables politiques et institutionnels, organisations de défense des droits humains, membres de la société civile, intellectuels, journalistes et simples citoyens ont, selon lui, contribué à maintenir l’attention sur la situation de l’ancien Premier ministre. Cette mobilisation s’est étendue au-delà du continent africain, notamment en Europe, aux États-Unis et au Canada.
Pour Me Larifou, cette mobilisation internationale illustre la portée universelle des principes liés à la liberté, à la dignité humaine et à l’État de droit. Il adresse ainsi sa gratitude à tous ceux qui ont apporté leur soutien à Succès Masra durant cette période.
De la liberté retrouvée à la construction de la confiance
Avec cette grâce présidentielle, Succès Masra entame désormais une nouvelle étape de sa vie politique et personnelle. Son avocat lui souhaite, ainsi qu’à ses proches, le temps nécessaire pour les retrouvailles, le repos et la réflexion après cette longue épreuve.
Mais au-delà du soulagement immédiat lié à sa libération, c’est surtout la suite qui sera scrutée. La grâce présidentielle pourrait-elle favoriser un nouveau dialogue entre les différentes forces politiques tchadiennes ? Permettra-t-elle de renouer la confiance entre acteurs politiques et institutions ? Le communiqué de Me Saïd Larifou veut croire à cette possibilité.
Pour l’avocat, la liberté retrouvée de Succès Masra doit désormais servir une ambition plus large : celle d’un Tchad pacifique, pluraliste et attaché à l’État de droit.
Une chose est désormais certaine : la libération de Succès Masra ne constitue pas seulement l’épilogue d’une séquence judiciaire. Elle pourrait aussi devenir le début d’un nouveau chapitre politique, si les différents acteurs saisissent cette occasion pour privilégier le dialogue, la réconciliation et la recherche d’un avenir commun. « Aujourd’hui, une liberté est retrouvée. Demain doit être consacré à la construction de la confiance », résume Me Saïd Larifou.




