Comores : le RIDJA-PACTEF veut faire des 20 régions les nouveaux moteurs du développement

À Hadjambou, dans la région de Hamahamet, le RIDJA-PACTEF entend franchir une nouvelle étape dans la mise en œuvre de son projet de « République des Régions ». Le mouvement annonce, pour le dimanche 20 septembre 2026, le lancement et l’installation des premiers Conseils régionaux de développement pilotes. Une initiative présentée comme le passage de la réflexion à l’expérimentation sur le terrain.

La décentralisation s’invite une nouvelle fois au cœur du débat sur l’avenir institutionnel et économique des Comores. Mais pour le RIDJA-PACTEF, il ne s’agit plus seulement de discuter du principe : il faut désormais expérimenter des mécanismes permettant aux territoires et à leurs populations de prendre une part plus importante dans la définition de leur développement.
C’est dans cette perspective que les référents régionaux du mouvement sont attendus, le dimanche 20 septembre 2026, à Hadjambou, dans la région de Hamahamet. Cette rencontre nationale doit donner le coup d’envoi à l’installation des premiers Conseils régionaux de développement pilotes, conçus comme des espaces citoyens de réflexion, de proposition, de mobilisation et d’accompagnement des initiatives locales.
Faire des territoires les points de départ du développement
À travers le concept de « République des Régions », le RIDJA-PACTEF défend une vision consistant à reconstruire les Comores à partir de leurs territoires, de leurs ressources, de leurs compétences et de l’implication directe des populations.
L’ambition affichée est de parvenir, à terme, à la reconnaissance constitutionnelle des vingt régions des Comores, afin qu’elles puissent bénéficier d’une véritable reconnaissance institutionnelle et devenir des espaces de démocratie de proximité, de développement économique et social, de coopération et de participation citoyenne.
Cette proposition se veut toutefois compatible avec l’unité de l’État. Le projet prévoit notamment de préserver l’équilibre entre Ngazidja, Ndzuwani et Mwali, tout en donnant à chaque région la possibilité de valoriser ses potentialités, de définir ses priorités et de participer au développement national.
Des conseils ouverts aux forces vives
L’expérimentation annoncée à Hadjambou devra notamment permettre de préciser les modalités de création, d’organisation et de fonctionnement des Conseils régionaux de développement pilotes.
Leur composition constitue également un enjeu central. Le RIDJA-PACTEF prévoit une représentation des jeunes, des femmes, des acteurs économiques, de la société civile, des élus locaux et de la diaspora. L’objectif affiché est de réunir autour d’une même table les différentes forces susceptibles de contribuer à l’identification des besoins et à la conception de réponses adaptées aux réalités locales.
Les conseils auront également pour mission d’identifier les ressources disponibles et les priorités économiques et sociales propres à chaque territoire. Plusieurs secteurs sont cités : formation, emploi, agriculture, pêche, artisanat, tourisme, environnement et économie numérique.
Cette approche entend ainsi faire du développement régional une démarche fondée sur les potentialités locales plutôt que sur des solutions uniformes.
Formation et emploi des jeunes : l’autre pilier du projet
Au-delà de la structuration territoriale, le projet porté par le RIDJA-PACTEF comporte une dimension fortement axée sur la jeunesse.
Le mouvement annonce l’ambition de former, accompagner et favoriser l’insertion économique de 50 000 jeunes Comoriennes et Comoriens. Pour atteindre cet objectif, il envisage, avec le concours de l’État, des régions, de la diaspora et de partenaires nationaux et internationaux, la mise en place de mécanismes de formation, de bourses-prêts, d’accompagnement professionnel et d’aide à l’installation.
Chaque Conseil régional de développement pilote devrait ainsi contribuer à identifier les jeunes bénéficiaires, à recenser les besoins en formation, à accompagner les projets et à rechercher les partenariats nécessaires à leur réalisation.
L’enjeu est de permettre aux jeunes de créer leur propre activité, d’accéder à l’emploi ou de participer à des projets répondant aux besoins de leurs territoires.
Une ouverture sur les partenariats internationaux
Le projet ne limite pas la recherche de solutions aux seules ressources nationales. Le RIDJA-PACTEF entend également mobiliser des financements, des expertises, des partenariats, des coopérations et des jumelages avec des collectivités, régions et organisations africaines, européennes, arabes, américaines et internationales.
Cette ouverture pourrait permettre aux régions pilotes d’explorer différentes formes de coopération et de mettre en relation leurs besoins avec des partenaires susceptibles d’apporter des ressources financières, techniques ou humaines.
Des structures citoyennes, pas des administrations parallèles
Le RIDJA-PACTEF précise cependant que les Conseils régionaux de développement pilotes n’ont pas vocation à se substituer aux collectivités publiques légalement instituées.
Ils sont plutôt présentés comme des organes citoyens pilotes, destinés à favoriser la réflexion, la proposition, la mobilisation et l’accompagnement du développement local. L’objectif est de permettre aux populations et aux forces vives de participer directement à la définition et à la réalisation de leur avenir régional.
Cette précision est importante dans la mesure où le projet revendique une évolution de la gouvernance territoriale sans présenter les conseils pilotes comme de nouvelles autorités administratives.
Une expérimentation avant un déploiement national
La rencontre de Hadjambou est donc présentée comme une première étape expérimentale. Les enseignements tirés de l’installation et du fonctionnement des conseils pilotes doivent permettre, selon le RIDJA-PACTEF, de construire progressivement un modèle transparent et participatif applicable aux vingt régions du pays.
Le mouvement souhaite ainsi associer à cette dynamique les référents régionaux, les jeunes, les femmes, les acteurs économiques, les associations, les élus, les experts et les membres de la diaspora.
« La République des Régions » entre dans sa phase opérationnelle
Avec cette initiative, le RIDJA-PACTEF cherche à donner une traduction concrète à son projet de réorganisation du développement autour des territoires. Le mouvement estime que la décentralisation ne peut se réduire à des discours, à la création d’un nouvel organe administratif ou à l’adoption d’un texte. Elle doit, selon son communiqué, se traduire par une participation effective des populations ainsi que par un transfert réel de responsabilités, de compétences et de ressources.
Le rendez-vous du 20 septembre à Hadjambou apparaît ainsi comme un moment test. Au-delà de l’installation symbolique des premiers conseils, l’expérience devra permettre de mesurer leur capacité à mobiliser les acteurs locaux, à identifier des projets concrets, à accompagner la jeunesse et à créer des passerelles avec les partenaires extérieurs.
Le projet du RIDJA-PACTEF se résume autour de deux grandes ambitions : vingt régions reconnues dans la Constitution et responsabilisées, et 50 000 jeunes formés, accompagnés et engagés dans le développement du pays. Le mouvement affirme désormais vouloir faire passer cette vision du stade de la proposition à celui de l’expérimentation territoriale.
Hadjambou pourrait ainsi constituer le premier laboratoire de cette « République des Régions », dont la réussite dépendra, au-delà des annonces, de la capacité à transformer les principes affichés en mécanismes concrets, participatifs et durables au service des populations.




