Mayotte–Comores : après la polémique, Me Saïd Larifou tend la main et plaide pour une paix durable dans l’océan Indien

La publication d’une tribune consacrée à la diplomatie comorienne et aux enjeux géopolitiques de l’océan Indien continue de susciter des réactions. Après la motion adoptée par l’Association des maires de Mayotte en réponse à ses prises de position, Me Saïd Larifou a choisi de répondre non pas par la confrontation, mais par un appel solennel au dialogue, à la paix et à la coopération régionale. Dans une déclaration rendue publique depuis Paris, le président de l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance réaffirme son attachement aux principes du droit international et invite toutes les parties à privilégier la voie diplomatique.
Ancien candidat à l’élection présidentielle de l’Union des Comores, Me Saïd Larifou précise que sa réflexion n’est dirigée contre aucun peuple. Il insiste sur le fait que le respect dû aux habitants de Mayotte ne saurait être confondu avec le débat juridique et diplomatique relatif au statut de l’île. Selon lui, les Mahoraises et les Mahorais ont pleinement droit à la sécurité, à la dignité, au développement et à la paix, tandis que les États demeurent libres de défendre leurs positions respectives dans le cadre du droit international et par les seules voies pacifiques.
Pour le juriste, les différends internationaux ne peuvent être résolus ni par les invectives, ni par les motions de condamnation, encore moins par les affrontements politiques. Ils exigent plutôt la médiation, le dialogue, la diplomatie et la recherche de solutions mutuellement acceptables. Il rappelle que cette philosophie constitue le fondement des actions menées par l’Institut qu’il dirige, engagé dans la promotion de la paix, de la bonne gouvernance, de la prévention des conflits et du dialogue entre les peuples africains.
Au-delà du différend entre la France et l’Union des Comores, Me Saïd Larifou élargit le débat aux grands défis qui concernent l’ensemble de l’océan Indien. Il évoque notamment la sécurité maritime, les enjeux environnementaux, la coopération régionale, les crises migratoires, les défis climatiques ainsi que les nouvelles rivalités géopolitiques qui redessinent l’équilibre stratégique de cette partie du monde. Selon lui, ces défis démontrent que les peuples de l’océan Indien partagent un destin commun qui impose davantage de coopération que de division.
Dans sa déclaration, il adresse également un message de solidarité aux victimes du cyclone Chido, estimant que les catastrophes naturelles rappellent que la souffrance humaine transcende les frontières et les nationalités. Pour lui, ces épreuves doivent renforcer la solidarité régionale plutôt qu’alimenter les antagonismes politiques.
Estimant que plus d’un demi-siècle de tensions n’a permis aucune solution durable au différend territorial entre la France et l’Union des Comores, Me Saïd Larifou considère qu’il est temps d’ouvrir une nouvelle page. Il lance un appel aux autorités françaises, aux autorités comoriennes, aux élus de Mayotte, aux partenaires régionaux et aux organisations internationales afin qu’ils s’engagent dans un dialogue franc, respectueux et fondé sur le réalisme politique ainsi que sur les principes du droit international.
En conclusion, le président de l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance rappelle que « la paix ne naît jamais du silence, de la peur ou des postures », mais du courage politique, de la confiance réciproque et de la volonté de bâtir un avenir commun. Une déclaration qui replace le dialogue au cœur d’un dossier diplomatique sensible et qui relance le débat sur l’avenir des relations entre la France, les Comores et l’ensemble des États de l’océan Indien.
Cette mise au point, à la fois judicieuse, empreinte de patriotisme et d’humilité, devrait mettre un terme aux polémiques et aux critiques malveillantes suscitées par la tribune incriminée. Loin de constituer une provocation ou d’alimenter des intentions belliqueuses, les propos de Me Saïd Larifou s’inscrivent dans une démarche de réflexion et d’appel au dialogue. Ils ne sauraient être interprétés au premier degré, mais doivent être compris comme une invitation à privilégier la diplomatie, le respect du droit international et la recherche de solutions pacifiques face à un différend historique complexe. En recentrant le débat sur les valeurs de paix, de responsabilité et de coopération, cette déclaration contribue à apaiser les tensions et ouvre la voie à des échanges plus constructifs entre les différentes parties concernées.




