Soutenance de thèse à l’UADC : Stéphane Beria décroche son doctorat avec la mention « Très honorable »
(Fruit d'une recherche innovante sur la marque employeur et la pérennité des coopératives de microfinance au Bénin)

L’Université Africaine de Développement Coopératif (UADC), située à Akpakpa, a servi de cadre, ce samedi 25 juillet 2026, à une soutenance de thèse de doctorat particulièrement remarquée. À l’issue de plusieurs heures d’échanges scientifiques nourris, Stéphane Béria a brillamment obtenu le grade de Docteur avec la mention Très honorable, consacrant ainsi plusieurs années de recherche consacrées à un enjeu majeur du développement de la microfinance au Bénin.
Placée sous la direction scientifique du Professeur Alexis ABODOHOUI, la soutenance s’est déroulée devant un jury présidé par la Professeure Bai Judith Monique GLIDJA, avec la participation d’éminents enseignants-chercheurs, dont plusieurs intervenaient par visioconférence.
Le travail doctoral, intitulé « Une exploration du rôle modérateur de la marque employeur sur le lien entre satisfaction du personnel, satisfaction des clients et pérennité des coopératives d’épargne et de crédit au Bénin », s’inscrit dans une réflexion stratégique sur l’avenir des institutions de microfinance, appelées à jouer un rôle déterminant dans la promotion de l’inclusion financière et la réduction de la pauvreté.

Une recherche au cœur des défis de la microfinance béninoise
Dans sa présentation, Stéphane Béria a rappelé que les coopératives d’épargne et de crédit (COOPEC) sont confrontées à de nombreux défis organisationnels susceptibles de compromettre leur pérennité. Alors que plusieurs entreprises renforcent leur attractivité grâce à une politique de marque employeur, cette approche demeure encore peu développée dans les institutions coopératives.
L’objectif de cette recherche était donc d’identifier les principaux facteurs susceptibles d’assurer la durabilité des COOPEC béninoises, en étudiant les effets de la satisfaction des employés et des clients, tout en évaluant le rôle que pourrait jouer la marque employeur dans cette dynamique.
Pour mener cette étude, le doctorant a adopté une méthodologie mixte combinant enquêtes qualitatives et quantitatives. Les travaux ont porté sur 300 clients, 130 employés et 25 dirigeants de coopératives d’épargne et de crédit réparties sur le territoire béninois.

Des résultats riches d’enseignements
Les analyses réalisées révèlent que la satisfaction du personnel exerce une influence positive et significative sur la pérennité des coopératives. Certaines dimensions de la satisfaction des clients jouent également un rôle important dans la stabilité et la performance des institutions.
En revanche, contrairement à l’hypothèse initialement formulée, les résultats montrent que la marque employeur n’exerce pas un effet modérateur significatif sur la relation entre la satisfaction des employés, celle des clients et la pérennité des COOPEC.
Toutefois, les conclusions soulignent qu’une politique de marque employeur mieux structurée pourrait contribuer à renforcer l’attractivité des coopératives, améliorer leur capacité à fidéliser leurs ressources humaines et favoriser leur développement sur le long terme.

Des échanges scientifiques de haut niveau
La soutenance a donné lieu à un débat académique particulièrement riche. Les membres du jury ont salué la pertinence du sujet, son caractère novateur ainsi que l’effort de recherche fourni par le candidat.
La présidente du jury a notamment relevé que cette étude constitue une contribution importante à la compréhension des leviers humains et organisationnels de la pérennité des institutions de microfinance en Afrique francophone.
Elle a toutefois formulé plusieurs observations visant à renforcer davantage la qualité scientifique du travail, notamment sur l’équilibre de certaines parties de la thèse, la problématisation, la mobilisation des cadres théoriques, la profondeur de la discussion des résultats ainsi que l’articulation entre les concepts étudiés.
Les examinateurs ont également interrogé le candidat sur le choix méthodologique ayant conduit à considérer la marque employeur comme une variable modératrice plutôt que médiatrice, ainsi que sur plusieurs aspects liés à l’interprétation des résultats obtenus.
Face aux différentes questions, Stéphane Béria a apporté des réponses jugées pertinentes, cohérentes et scientifiquement argumentées, démontrant sa parfaite maîtrise de son sujet.

Une recherche tournée vers l’action
À l’issue de la délibération, le nouveau docteur a exprimé sa satisfaction, qualifiant cette soutenance de « l’aboutissement d’un combat », près de vingt ans après l’obtention de son diplôme d’administrateur de commerce. Dans sa déclaration, il a insisté sur la nécessité de replacer la performance sociale au cœur des politiques de gestion des institutions de microfinance.
Selon lui, si les performances financières demeurent indispensables, elles ne peuvent être durables sans la satisfaction des employés et des clients. Il a également rappelé les nombreuses réformes engagées par l’État béninois pour moderniser le secteur de la microfinance, notamment la nouvelle législation de 2025 et les initiatives favorisant l’inclusion financière.
Le chercheur a enfin invité les autorités publiques et les dirigeants des institutions de microfinance à investir davantage dans la qualité des relations humaines, la valorisation du personnel et la satisfaction de la clientèle afin de garantir la pérennité des coopératives et leur contribution durable à la lutte contre la pauvreté.

Une distinction méritée
Après examen du rapport de recherche, des observations formulées par les examinateurs, des réponses du candidat et de la qualité générale des travaux, le jury a décidé d’élever Stéphane Béria au grade de Docteur, en lui attribuant la mention Très honorable.
Cette distinction vient récompenser un travail scientifique qui apporte un éclairage nouveau sur les facteurs humains susceptibles de renforcer la résilience et la durabilité des coopératives d’épargne et de crédit au Bénin, dans un contexte où la microfinance demeure un instrument essentiel du développement économique et de l’inclusion financière.





