Bénin–Banque mondiale : 320 millions de dollars pour transformer l’avenir, le barrage des espérances, l’architecture d’une nouvelle prospérité

Quand l’État décide de bâtir l’avenir de manière durable, il s’impose le choix stratégique du temps long. Il mise surtout sur son capital le plus précieux : son peuple. C’est ainsi que prend corps le visage humain de la croissance. Belle perspective bien assimilée par le Bénin du Président Romuald Wadagni.
Il a désormais choisi d’investir dans l’espérance et de construire son développement comme une œuvre de civilisation moderne. Pour être plus précis, il a fait l’option d’écrire son avenir avec l’encre de la confiance, à travers des décisions qui administrent non seulement le présent, mais façonnent surtout les siècles.
C’est bien à travers ce prisme du réalisme qu’il faut scruter la pertinence des accords de financement conclus entre la République du Bénin et le Groupe de la Banque mondiale, sous l’autorité du ministre de l’Économie et des Finances du Bénin, Aristide Mèdénou. Pour lui, les grandes nations ne sont plus aujourd’hui celles qui se contentent simplement de consommer et de tendre la main, mais plutôt celles qui jouent leur va-tout pour construire leur avenir. Notre pays s’est ainsi résolument engagé sur l’autoroute de la politique des grands investissements.
À bien y regarder, ces accords dessinent une véritable philosophie du développement, où l’eau devient énergie, où l’énergie devient richesse, où la richesse nourrit le capital humain, et où le capital humain devient, à son tour, la première ressource stratégique d’un peuple.
Dans un premier temps, il s’agit d’un accord de plus de 150 millions de dollars pour lancer les travaux de construction du barrage hydroélectrique de Dogo Bis. Il dépasse de très loin la seule production de plus de 120 mégawatts d’électricité. Il constitue avant tout l’une de ces infrastructures fondatrices autour desquelles devra s’organiser la renaissance économique d’un grand pays comme le Bénin.
L’énergie alimentera les industries, l’eau sécurisera les productions agricoles et l’emploi offrira aux jeunes la plus belle des protections sociales : celle de pouvoir vivre dignement de leur travail.
Qu’on ne se leurre pas. Aujourd’hui, plus aucune civilisation durable ne peut se développer sans avoir domestiqué l’eau. Les vallées du Nil, du Tigre, de l’Euphrate ou du Yangtsé ne doivent pas leur grandeur au hasard. Elles doivent leur prospérité à cette intelligence qui transforme un cours d’eau en instrument de civilisation moderne.
Dogo Bis s’inscrit dans cette tradition des grands ouvrages qui changent la destinée des peuples. Un barrage n’est jamais un simple mur de béton. C’est une réserve de souveraineté. C’est un accélérateur de croissance. C’est une cathédrale économique dont les turbines alimentent autant les foyers que les ambitions nationales.
À travers ses plus de 120 mégawatts, ses 170 000 hectares appelés à être irrigués et les 185 000 emplois qu’il est appelé à générer, ce projet conjugue trois exigences devenues indissociables : la sécurité énergétique, la souveraineté alimentaire et la stabilité sociale.
Si l’électricité libère l’industrie, l’eau et l’emploi sécurisent l’agriculture et restaurent la dignité. Montesquieu observait que « les États prospèrent lorsque leurs institutions savent préparer l’avenir plus qu’elles ne gèrent le présent ». Voilà précisément ce qui se joue ici.
Chaque hectare irrigué réduit la vulnérabilité face aux aléas climatiques et accroît la résilience de l’économie nationale.
La grandeur de ces accords réside aussi dans le narratif qu’ils construisent sur l’homme. Car une nation ne se développe pas uniquement avec des routes, des barrages ou des lignes électriques. Elle se développe d’abord dans le cerveau d’un enfant. Elle commence dans le ventre d’une mère. Elle s’enracine dans les mille premiers jours de la vie.
Le financement de 170 millions de dollars consacré à la nutrition des femmes enceintes, des femmes allaitantes et des enfants de moins de deux ans traduit une compréhension remarquablement moderne de l’économie béninoise.
Pour le ministre Aristide Mèdénou, cet accord permettra « aux femmes allaitantes, aux enfants de moins de deux ans, d’avoir accès aux suppléments nutritionnels et d’améliorer la santé des enfants ». Il ajoute que « la qualité de l’alimentation au cours de cette période détermine les capacités cognitives futures ».
La véritable richesse des nations ne dort plus uniquement dans leurs sous-sols. Elle grandit dans leurs maternités. Elle s’épanouit dans leurs écoles. Elle se révèle dans le génie de leur jeunesse.
Comme le rappelait Peter Drucker, « le meilleur moyen de prédire l’avenir est de le créer ». À travers ces engagements, le Bénin choisit précisément de créer son avenir plutôt que de le subir.
L’histoire retiendra une énergie plus abondante, des terres plus fertiles, des milliers de jeunes accédant à l’emploi et des enfants dont les capacités cognitives auront été protégées dès leurs premiers jours.
Et lorsqu’un État choisit de bâtir simultanément l’énergie, l’agriculture, la nutrition et l’emploi, il prépare non seulement la croissance, mais aussi la permanence de la prospérité. Comme l’affirmait Francis Bacon : « La connaissance est puissance. » Au Bénin désormais, cette puissance prend la forme d’une maîtrise intelligente des ressources naturelles et du devenir d’un peuple qui accepte d’assumer son histoire.



