Guinée-Bissau : la libération de Domingos Simões Pereira relance les espoirs d’un retour à l’ordre constitutionnel

La libération de l’ancien Premier ministre bissau-guinéen Domingos Simões Pereira, suivie de son transfert au Portugal pour des soins médicaux d’urgence, marque un tournant majeur dans une crise politique qui continue de secouer la Guinée-Bissau. Si cette évacuation est saluée comme un geste humanitaire, ses avocats rappellent qu’elle ne met nullement un terme au combat judiciaire et politique engagé pour le rétablissement de l’État de droit.
Dans un communiqué publié le 23 juillet 2026 à Paris et à Lisbonne, l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance (IDIABG), par la voix de Me Saïd Larifou, avocat de Domingos Simões Pereira, exprime un « profond soulagement » après la libération de son client et son arrivée au Portugal où il bénéficie désormais d’une prise en charge médicale jugée indispensable au regard de son état de santé.
Selon le communiqué, cette évacuation médicale constitue avant tout un geste humanitaire majeur, rendu possible grâce à la mobilisation des autorités portugaises ainsi que de plusieurs organisations régionales et internationales, notamment la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), la CEDEAO et l’Union africaine. Les conseils de Domingos Simões Pereira tiennent à remercier l’ensemble des partenaires qui ont contribué à cette issue favorable.
Toutefois, l’IDIABG insiste sur un point essentiel : cette mesure humanitaire ne remet nullement en cause la contestation des procédures judiciaires engagées contre l’ancien chef du gouvernement. Pour la défense, la bataille juridique et politique demeure entière tant que ne seront pas restaurés les principes fondamentaux de l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau.
Le communiqué réaffirme ainsi la détermination des avocats à poursuivre leur action jusqu’au rétablissement effectif de l’ordre constitutionnel, de l’État de droit, de l’indépendance de la justice et du respect de la volonté souveraine du peuple bissau-guinéen. Cette déclaration traduit la volonté de maintenir la pression sur les autorités nationales et les partenaires internationaux afin qu’une solution durable soit trouvée à la crise politique que traverse le pays.
Dans cette perspective, Me Saïd Larifou lance un appel à la CEDEAO, à l’Union africaine, aux Nations unies, à l’Union européenne ainsi qu’à l’ensemble de la communauté internationale pour qu’ils poursuivent leurs efforts diplomatiques en faveur d’un retour complet à la légalité constitutionnelle. Selon lui, la libération de Domingos Simões Pereira représente une étape importante, mais elle ne saurait être considérée comme l’aboutissement du processus de normalisation institutionnelle.
Au-delà de son aspect humanitaire, cette libération ravive les débats sur l’avenir politique de la Guinée-Bissau. Elle pourrait ouvrir une nouvelle phase de dialogue entre les différents acteurs nationaux et internationaux, dans un contexte où la stabilité institutionnelle demeure un enjeu majeur pour ce pays d’Afrique de l’Ouest. Les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer si cette évolution favorisera réellement un retour à l’ordre constitutionnel et à une gouvernance conforme aux principes démocratiques défendus par les organisations régionales et internationales.




