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Guinée-Bissau : la libération de Domingos Simões Pereira sous conditions dénoncée comme une « manœuvre politique »

 

L’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance (IDIA-BG) dirigé par Me Saïd Larifou est monté au créneau après la décision du Tribunal régional militaire de Bissau de suspendre, pour une durée de trois mois, la détention provisoire de Domingos Simões Pereira, président de l’Assemblée nationale populaire et figure majeure de l’opposition bissau-guinéenne. Dans un communiqué officiel publié le 23 juillet 2026, l’institution estime que cette remise en liberté ne constitue pas un véritable acte de justice, mais plutôt une stratégie politique visant à neutraliser un adversaire de premier plan.

Selon le document, le tribunal a ordonné, le 22 juillet 2026, la suspension de la détention provisoire de M. Domingos Simões Pereira, officiellement afin de lui permettre de recevoir à l’étranger les soins médicaux que nécessite son état de santé. Si l’IDIA-BG se félicite de cette possibilité offerte au dirigeant politique de bénéficier d’une prise en charge médicale, l’organisation affirme toutefois que les conditions imposées à cette libération remettent gravement en cause les principes fondamentaux de l’État de droit.

Une liberté jugée conditionnelle et attentatoire aux droits fondamentaux

Le point le plus contesté par l’Institut concerne l’interdiction faite à Domingos Simões Pereira de mener toute activité politique ou partisane durant la période de suspension de sa détention. Pour l’IDIA-BG, cette obligation, assortie de la menace d’une réincarcération en cas de non-respect, constitue une violation manifeste des droits civils et politiques garantis par la Constitution de la Guinée-Bissau ainsi que par les principaux instruments internationaux de protection des droits humains.

L’organisation considère que cette mesure dépasse le simple cadre judiciaire et s’apparente à une tentative de mise à l’écart politique d’un leader démocratiquement élu. Elle estime qu’il s’agit d’une stratégie destinée à museler l’opposition et à réduire l’influence d’un acteur majeur de la vie politique nationale.

Une décision qualifiée de « façade humanitaire »

Dans son analyse, l’IDIA-BG soutient que cette décision présentée comme humanitaire poursuivrait en réalité plusieurs objectifs politiques. L’institution affirme notamment que les autorités chercheraient à détourner l’attention de la communauté internationale, à afficher une apparence de clémence tout en maintenant un contrôle judiciaire qu’elle juge arbitraire, et à écarter durablement des personnalités influentes du processus démocratique en Guinée-Bissau.

Pour les responsables de l’Institut, cette démarche ne saurait masquer les atteintes aux libertés fondamentales dont ferait l’objet l’ancien Premier ministre et président de l’Assemblée nationale populaire.

Des appels pressants à la communauté internationale

Face à cette situation, l’IDIA-BG formule plusieurs revendications. L’organisation exige la levée immédiate et sans condition de toutes les restrictions politiques imposées à Domingos Simões Pereira afin qu’il retrouve pleinement l’exercice de ses droits civiques et politiques.

Par ailleurs, elle lance un appel à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), à l’Union africaine (UA), à l’Union européenne (UE) ainsi qu’aux Nations unies, les invitant à maintenir une vigilance accrue sur l’évolution de la situation politique en Guinée-Bissau. L’Institut estime qu’une pression internationale soutenue demeure indispensable pour garantir le respect des principes démocratiques et favoriser le rétablissement complet de l’État de droit.

Un engagement renouvelé en faveur de la démocratie

En conclusion de son communiqué, l’Institut du Droit International Africain et de la Bonne Gouvernance réaffirme son engagement en faveur de la démocratie, du respect des droits humains et de l’indépendance de la justice en Guinée-Bissau. L’organisation insiste sur la nécessité de préserver les libertés fondamentales et de garantir que les procédures judiciaires ne soient pas utilisées comme instruments de règlement des rivalités politiques.

Cette prise de position intervient dans un contexte politique particulièrement tendu en Guinée-Bissau, où les relations entre le pouvoir et l’opposition continuent de susciter de vives préoccupations au sein de plusieurs organisations régionales et internationales.

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